En pasticheur patenté, Guadagnino dit tout de son sujet et de son approche dès son générique d'intro et par son plan final : le générique d'introduction copie-colle la police de caractère et le style jazzy des films de Woody Allen, tandis que le plan final montre un billet de 20$ estampillé du visage de l'esclavagiste Andrew Jackson, qu'avait tenté de faire changer l'administration Obama par l'abolitionniste Harriet Trubman, en vain face aux oppositions de Trump.
En ouvrant avec l'évocation de l'un des + grands cinéastes du Nouvel Hollywood éraillé par le néo-féminisme et en clôturant autour de cette polémique politico-économique autour de l'héritage des afro-descendants, Guadagnino met son film sous le sceau du monde après #MeToo et Black Lives Matter.
Dans une mise en scène à l'épure ciselée, dont la musique de Trent Reznor & Atticus Ross rappelle l'esthétique des Fincher 2010s, le cinéaste ausculte la labilité de la vérité et le trouble de la parole dans les témoignages de souffrance, dans un récit qui voit à la fois les boomer donner une fessée à la Gen-Z et cette-dernière montrée dans sa salutaire volonté farouche de justice.
Dans une zone grise de nuances, inaudibles dans la société états-unienne et ses succédanés du monde occidentalisé, le courage pour Guadagnino et la MGM de produire un film pareil vaut le coup d'être vu (renforcé par l'excellente interprétation de ses 5 acteurs principaux : Julia Roberts - Oscar 2026 ! -, Ayo Edebiri, Andrew Garfield, Michael Stuhlbarg et Chloë Sevigny).