Dès les premières images, on est plongé dans le bain. Les images du Yorkshire se mêlent aux cartes (la Carte et le Territoire) et signaux. Les dessins de Blutch (…) succèdent aux rues de York. Les murs sont des tentures, les fleurs sont en plastique. Ici le signifié sera occulté par le signifiant, le réel par sa représentation. Tout sera pour de faux, d'artificialité enfantine.. ''On dirait qu'on serait dans le Yorkshire et qu'on serait anglais avec des noms zanglais et des zhabits zanglais''. Le jeu des acteurs, acteurs d'une pièce aux mêmes, est justement théâtral à l'excès, comme s'ils jouaient aussi un rôle dans leur propre vie. On adhère ou pas, on entre dans le jeu ou pas. De mon coté, je suis partagé. Disons que j'ai mis quelques minutes à entrer dedans. Quant à ma voisine, elle trépignait d'impatience que ça se termine...

Voilà pour la forme. Pour le fond, on peut y dire que les hommes sont décevants, presque par nature. Ils sont collants, volages, pinailleurs. Ce qui poussent leurs épouses à se laisser séduire par les chimères d'un fantasme, invisible (par nous en tous cas), libre (car seul), éphémère par essence (car mourant), romanesque (car Tenerife). Elles ont besoin d'ailleurs, d'autre chose, de vibrer, choses que leurs époux ne peuvent plus (l'ont-ils pu un jour?) leur offrir. L'éternelle question entre la tendresse et l'aventure, la sécurité et l'incertain. ''Ce qui m'a plu chez toi, c'est que tu n'as jamais été jeune...'' (citation approximative). Ou la vie de couple comme renoncement à la jeunesse...

Créée

le 7 avr. 2014

Critique lue 343 fois

Phil Dela

Écrit par

Critique lue 343 fois

4

D'autres avis sur Aimer, boire et chanter

Aimer, boire et chanter

Aimer, boire et chanter

5

Rawi

377 critiques

Death of Riley

Que j'aurais aimé aimer ! J'y suis allée avec la meilleure volonté du monde de trouver de merveilleuses qualités à cet ultime opus d'Alain Resnais. Malheureusement il nous sert des recettes éculées...

le 26 mars 2014

Aimer, boire et chanter

Aimer, boire et chanter

8

Jambalaya

498 critiques

R.I.P. (Resnais In Peace)

Bien sûr qu’Aimer, Boire Et Chanter a un semblant de déjà vu, qu’il apparait très proche du diptyque de Resnais : Smoking/No Smoking. Mais malgré tout, quel bonheur de voir ce cinéaste au seuil de la...

le 11 août 2014

Aimer, boire et chanter

Aimer, boire et chanter

2

MrOrange

241 critiques

Vautreville de théâtre

Ce que je craignais le plus est arrivé... Le film testamentaire de Resnais est indigne de ce titre. Les grands cinéastes ont pour la plupart un film posthume marquant, Resnais n'en aura point. Cela...

le 28 mars 2014

Du même critique

Her

Her

9

Philippe_Delaco

127 critiques

Her (en aspirant bien le H, souvenez vous de vos cours d'anglais)

Los Angeles, dans un futur proche. Dans une ville brumeuse, à la lumière dorée, on se sent comme engourdi. C'est beau et anesthésiant. Les humains arpentent les rues en parlant à leur oreillette...

le 25 mars 2014

Voyages en Absurdie

Voyages en Absurdie

7

Philippe_Delaco

127 critiques

Vous le savez peut être...

... et si vous ne le savez pas, allumez votre télé ou aller dans une librairie, Stéphane de Groodt a récemment publié un recueil de ses chroniques, intitulé ''Voyage en Absurdie''. Ne faisant ni une,...

le 27 févr. 2014

The Grand Budapest Hotel

The Grand Budapest Hotel

7

Philippe_Delaco

127 critiques

Grandeur et décadence de l'hôtellerie est-européenne...

Wes Anderson raconte une histoire. L'histoire d'une jeune fille, qui lit un livre. Un livre raconté par un écrivain âgé, accompagné de son jeune enfant jouant à ses cotés. L'écrivain raconte un...

le 6 mars 2014