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Avec une esthétique franchement dégueu, Aimer perdre s’affirme d’emblée comme un manifeste du sale : filmé à la « GoPro », avec tout ce qui peut passer entre les mains des frères Guit, le film enchaîne les scènes à un rythme vertigineux jusqu’à la nausée. Aucun souci du beau geste ou du cadre soigné ici — au contraire, tout respire le bricolé, le cheap, l’amateurisme revendiqué, le « fait maison » crasseux. De quoi rebuter dès les premières minutes.
Et pourtant, une fois la répulsion passée et l’envie de vomir ravalée, Aimer perdre finit par surprendre. Le film nous fait rire malgré nous, embarqués dans les errances d’Armande Pigeon, héroïne au nom prédestiné, pauvre figure du « cringe » assumé. Ses mésaventures grotesques — entre galères, plans foireux et mauvaises rencontres — finissent par composer une sorte de fresque du ratage, à la fois absurde et terriblement humaine.
Sous ses dehors d’impro crade, Aimer perdre cache une vraie vitalité, une jubilation du fiasco. Les frères Guit y célèbrent l’échec comme un art de vivre. C’est laid, c’est bruyant, souvent insupportable — mais c’est aussi furieusement vivant.
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Créée
le 12 nov. 2025
Critique lue 41 fois
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