1969.
Jamais à court de petits pays à déstabiliser, les Etats-Unis ont installé en secret un réseau de ravitaillement aérien et d'aide militaire visant à endiguer la guerre au Vietnam, depuis le confort de son voisin le Laos... L'entreprise s'est vite vue parasiter par du trafic d'armes et d'opium. Peu de temps après sa fermeture définitive, le journaliste britannique Christopher Robbins publie une série de livres racontant les errances de la compagnie.
On aurait pu penser qu'une adaptation cinématographique serait une charge politique acerbe, une dénonciation brutale et sans détour d'un système depuis toujours corrompu jusqu'à la moelle... Mais non. Dénonciation il y a, mais elle se fait détournée, parodique, savamment diluée dans un buddy movie truffé d'explosions, de crashes spectaculaires et de taule froissée... Aujourd'hui méconnu, Air America gagne pourtant à l'être.
Sous ses allures de comédie d'action échevelée se cache un bijou de farce iconoclaste, pointant du doigt le cynisme et la folie des USA venus guerroyer contre un monde dont ils ignorent tout. C'est juste que tout porte à rire. Et comme le dit Gene Ryack au cours du film : " La guerre, mieux vaut y rire, ou faut pas la faire. "
Du reste, le film est soigné. Photo du déjà grand Roger Deakins, des effets pyrotechniques de haute volée, des avions, des cascades, une belle brochette de seconds rôles pour incarner ces têtes brûlées des cieux, et bien évidemment une BO mémorable.
Penchez vous sur ce petit film, il vous le rendra au centuple.