Ajvar
-
Ajvar

Film de Ana Maria Rossi (2019)

Ajvar : purée de poivron et d'aubergine qui est très populaire dans les pays des Balkans et se trouve communément dans les valises des Serbes qui vivent à l’étranger. Le titre du premier film d'Ana Maria Rossi symbolise par ce terme culinaire le mal du pays, qui est l'un des thèmes du long-métrage, le plus léger en opposition avec l'autre thème, davantage empreint de mélancolie et de dureté, qui est celui de l'usure du couple pour des quadragénaires à la réussite sociale avérée. Les différents personnages de Ajvar sont loin d'être inintéressants, notamment le couple central, mais ils sont traités en surface sans que ne ressortent autre chose qu'une grande amertume et lassitude. La mise en scène de la réalisatrice serbe n'est pas non plus très dynamique et elle ne s'est pas facilitée la tâche en multipliant les scènes de repas qui donnent parfois des dialogues enlevés mais restent dans l'ensemble plutôt statiques. L'ambiance est assez théckhovienne, euphémisme pour dire qu'elle est à la lisière de l'ennui, alors que quelques embardées vers la comédie corrosive prouvent que le film aurait pu largement gagner en intérêt avec davantage d'audace pour montrer des individus assez imbus d'eux-mêmes et presque obligés par la société qui les entoure qu'ils ont "réussi" dans la vie.

Cinephile-doux
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Vus à l'Arras Film Festival 2019

Créée

le 13 nov. 2019

Critique lue 489 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 489 fois

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

8264 critiques

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

le 28 mai 2023

France

France

8

Cinephile-doux

8264 critiques

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

le 25 août 2021

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

8264 critiques

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

le 25 sept. 2021