Cela m'arrive de temps en temps : je suis dans l'incapacité totale (ou presque) de noter un film. D'un côté il faut reconnaître à Philippe Le Guay une vraie ambition ici, une direction d'acteurs impeccable, de belles idées et même une certaine audace, soit beaucoup de choses que l'on ne voit pas tous les jours dans le cinéma français. Et pourtant, je ne me suis jamais vraiment passionné pour l'œuvre, lui trouvant donc des qualités incontestables, mais auxquelles je n'ai pas été plus sensible que cela, trouvant même à plusieurs reprises que l'entreprise tournait à vide, le réalisateur n'étant même parfois pas loin du nombrilisme.
Reste cette fin, mais n'est-elle pas en définitive le résumé parfait du film ? Alors que celle-ci est totalement inattendue, sombre, désespérée, bref, tout le contraire de ce qu'on imaginait, voilà que je n'y ai adhéré qu'à moitié, peut-être tout simplement parce qu'elle tombe un peu comme un cheveu sur la soupe quant à ce qu'avait bâti le scénario jusque-là... Bref, si « Alceste à bicyclette » est à saluer à de nombreux égards, j'en suis sorti presque frustré, regrettant qu'un film aussi singulier ne m'ait pas transporté aussi loin que je l'aurais souhaité. Dommage.