Second film de Robert Aldrich pour le cinéma, Alerte à Singapour souffre d'un manque évident de moyens que le réalisateur parvient toutefois à compenser partiellement en jouant sur la profondeur de champ et la largeur des plans pour gagner du temps et éviter de gaspiller de la pellicule tout en proposant un spectacle suffisamment divertissant pour tenir le spectateur éveillé. Le héros de service est incarné par Dan Duryea, admirable salopard chez Fritz Lang ou Robert Siodmak, mais ici assez peu subtil dans un rôle de baroudeur qui aurait bien mieux convenu à un Robert Mitchum par exemple. Le scénario est assez banal et s'inscrit dans la tradition des séries B d'aventures exotiques mais il remplit son cahier des charges, avec les bagarres, les courses poursuites, les scènes de cabaret et la jungle de pacotille indispensables à ce genre très en vogue à Hollywood dans les années 40-50. On notera la présence au générique de Nigel Bruce, le Dr. Watson de la série des Sherlock Holmes avec Basil Rathbone, ici dans le rôle du gouverneur britannique) parmi une galerie d'excellents seconds rôles.