Alexandre est le 15è long métrage d'Oliver Stone. Il se situe juste après l'Enfer du dimanche et avant World Trade Center. Oliver Stone, dont la spécialité a été de faire de gros films sur l'histoire des États-Unis, son pays, s'attaque ici à l'épopée antique d'Alexandre le grand. Cela convient bien au réalisateur qui, comme Ridley Scott, aime filmer les scènes de bataille. Le conquérant macédonien avait déjà fait l'objet de plusieurs films dont celui de 1956 de Robert Rossen. Si ce dernier était tout à fait honorable pour l'époque, et affichait une fidélité historique assez impressionnante, il mettait sous silence la relation homosexuelle entre Alexandre et Héphaïstion (époque oblige). L'une des qualités de ce film-ci est de montrer cette relation, même si cela est fait timidement. Les deux hommes se prennent dans les bras l'un de l'autre à plusieurs reprises mais ne s'embrassent jamais. (Il n'y a que le célèbre baiser avec Bagoas qui est montré). Point non plus de scène de sexe homosexuelle (ce qui aurait été un vrai atout, tant l'homosexualité était courante à l'époque). La seconde qualité, ce sont bien sûr les scènes de bataille. La première montrée est celle de Gaugamèles, pourtant assez tardive dans la conquête, puis celle de l'Hydaspe, contre les Indiens et leurs éléphants. Scène montrée avec un filtre rouge qu'on aimera ou non.
Voici donc les deux qualités du film. Passons maintenant aux défauts. Oliver Stone, pour nous montrer tout ces héros fait appel à une pelotée d'acteurs. Colin Farell en fait des tonnes, Val Kilmer est assez bon, dans le rôle que Stone choisi de lui donner, celui d'un roi assez détestable. Angelina Jolie est parfaitement ridicule que ça en est risible. On ne sait pas pourquoi elle roule les R. Cherche-t-elle à imiter l'accent Grec ? Épirien ? Macédonien ? Elle cherche en tout cas à jouer le rôle d'une sorcière et sera ainsi préparée pour son rôle de Maléfique dix ans plus tard. Jared Leto est dans un rôle de soutien à Farell, dans une relation homosexuelle qui est presque montrée comme une bromance mais reste assez effacé (il aurait été intéressant de creuser le personnage d'Hepahïstion). Oliver Stone choisit l'actrice d'origine Cubaine, Portoricaine et Africaine Rosario Dawson pour jouer le rôle de Roshane, la fille du satrape de Bactriane, une région correspondant à l'Afghanistan actuel, mais ici il l'appelle Roxane et en fait une fille de personne, qui ne séduit Alexandre que par sa beauté. Après une belle scène de danse, Rosario Dawson nous gratifiera de sa plastique exceptionnelle dans une scène de sexe torride avec Alexandre. Notons également la présence au casting de Jonathan Rhys-Meyers qui n'y fait que de brèves apparitions, avant sa consécration dans The Tudors ; Christopher Plummer dans le rôle d'Aristote et bien sûr Rory McCann dans le rôle de Cratère avant son rôle dans Beowulf puis celui de sa vie, celui de The Hound dans Game of Thrones.
Cependant, malgré un tel casting, aucun personnage n'est vraiment creusé, et il n'y a que Colin Farell qui en fait des tonnes de jérémiades et apitoiements sur son sort rendant son personnage peu crédible en conquérant. Car l'un des défauts du film, outre le fait de ne pas être très fidèle à la réalité historique est de ne peu ou pas expliquer plusieurs épisodes importants. L'autre est l'écriture des dialogues : il est clair que le souci de l'historicité est au second plan. Les dialogues sont bêtes, stupides, grossiers, tout ce qu'on voudra au point qu' on a honte pour ceux qui les récitent.
C'est le cas notamment d'Anthony Hopkins, qui, dans le rôle de Ptolémée, vieux, à Alexandrie nous raconte la vie d'Alexandre.