En 1956 sort Alexandre le Grand de Robert Rossen en format couleur Technicolor. C'est Rossen lui-même, assisté de Bernard Vorhaus (Les Dépravées) qui écrit le scénario de ce Peplum. Étonnamment, à quelques détails près, Rossen nous livre une reconstitution assez fidèle historiquement.
Il commence par nous raconter le pouvoir de Philippe II, son père, et comment grâce à lui, la Macédoine soumit et unifia des cités grecques divisées. On peut regretter la manière dont est montré Philippe (Fredric March), surtout à la fin, comme un roi alcoolique qui n'est plus que l'ombre de lui-même. Olympias, jouée par Danielle Darrieux, est excellente.
Alexandre (Richard Burton), après avoir été un bébé, est aussitôt adulte, on le voit suivre les cours d'Aristote avec ses Compagnons. Il faut savoir que Richard Burton a 30 ans au moment du rôle et qu'à la mort de son père, Alexandre en a 20... mais on a l'habitude avec les films états-uniens ... La conquête d'Alexandre est ensuite montrée en accéléré, avec une animation de la carte. Si on peut apprécier le procédé (il serait trop long de raconter toutes les batailles), on peut regretter que le passage en Egypte ne soit pas raconté, tant il est important (fondation d'Alexandrie). On nous montrera la rencontre avec Barsine (Claire Bloom), la coupure du nœud gordien, ainsi que deux batailles contre les Perses. Celle du Granique ou Cleitos le Noir sauve la vie d'Alexandre et celle, décisive, de Gaugamèles. Cette dernière est montrée de manière assez amusante. Les Perses ont de belles barbes et de beaux costumes jaunes. Ils sont montés sur des chars à faux, qui sont, effectivement, une invention des Perses. Mais l'infanterie d'Alexandre est bien organisée et les évite. Nous sera montré l'assassinat de Darius III par ses satrapes, le banquet de Sogdiane où Alexandre tue Cleito le Noir, les noces de Suse où il marie ses Compagnons et soldats et épouse la princesse Perse Roshane jusqu'à sa mort.
Richard Burton est convaincant dans le rôle. Bien sûr, de nombreux aspects de la conquête, du règne et de la personnalité d'Alexandre sont passés sous silences, dont, notamment, son homosexualité (ou bisexualité) et sa relation avec Hephaistion qui était très important à ses yeux mais qui n'est même pas montré dans le film. Oliver Stone, bien que son film ait de nombreux défauts, le fera dans son Alexandre.
vraie note : 7,4/10.