Avec Ali, Michael Mann nous immerge dans l’intimité du boxeur afro-américain, dépeignant sa vie entre 1964 et 1974, deux dates où il sera champion du monde. S’il aborde sa vie sur le ring, il s’attarde énormément sur sa vie hors-ring que ce soit vis-à-vis de sa famille, ses rapports avec les journalistes, ses adversaires et surtout l’Amérique et ses administrations.
Mann montre l’influence de la traite raciale aux USA sur le jeune boxeur et surtout sa rencontre et révélation avec Malcolm X et le mouvement Nation of Islam qui changera Cassius Clay en Muhammad Ali. Mais Mann n’oublie jamais de faire le lien entre ses combats hors du ring et ceux sur le ring. De plus il prend du recul et traite de manière juste et intelligente les combats d’Ali autour de l’intégration des noirs au pays de l'oncle Sam.
Mais tout n’est pas parfait, si Mann nous plonge dans la vie du boxeur, braquant sa caméra sur lui, et captive tout le long des 2h40 (aussi grâce à la richesse de la vie de Ali), le film manque d’émotions et, malgré toute sa virtuosité derrière la caméra (notamment durant les scènes de combats), il peine parfois à nous faire ressentir les sensations de Muhammad Ali.
Will Smith trouve là son meilleur rôle et rentre totalement dans la peau de son personnage. Si les rôles masculins sont, dans l’ensemble, impeccables et notamment Jamie Foxx et Mario Van Peebles dans le rôle de Malcolm X, les rôles féminins sont bien plus en retrait et peine à être transcendant.
Si le film est imparfait, Mann arrive quand même à nous passionner pour la vie de Cassius Clay et à rendre sa vie et ses enjeux intéressants. Dommage que l’ensemble manque parfois d’émotions car en dehors de cela les qualités sont nombreuses.