Attention, Alice est un chef d'œuvre à côté duquel on peut facilement passer si on n'est pas préparé à son rythme extrêmement lent. Il y a eu la petite fille en rouge de la liste de Shindler. Il y a maintenant la petite fille en bleu d'Alice. Un mystère. Une disparition. Et le réalisateur filme avec profondeur un jeu d'acteur brillant. Nuno Lopes est troublant et émouvant dans ce film où il a finalement peu de dialogues. La teinte bleue renforce l'obsession du personnage dans cette recherche et donne à l'ensemble une froideur qui se rattache parfaitement aux sentiments de cet homme. Un père qui a mis sa vie entre parenthèses depuis que sa saveur lui a été enlevée et qui n'a qu'un seul but, la retrouver. Et on se rallie à sa cause que lui même sait perdue. Avec lui, on partage ce sentiment lié d'espoir et de désespoir. Au final, le film bascule et s'oriente presque du côté du thriller, sortant de sa léthargie pour un très court jeu de cache-cache lourd de conséquences, et nous laisse, pauvres spectateurs impuissants, sous l'emprise de la douleur qui ronge cet homme.