La volonté de puissance de deux formes de vie différentes ?

Alien tient une place toute particulière dans le cinéma de genre, peut-être par la sincérité et l'intégrité que l'équipe a su insuffler au film. Il est difficile de lui trouver des défauts, et ses qualités sont légion.

Comme souvent avec les films qui marquent l'histoire du cinéma, il possède plusieurs couches. La première, la plus évidente, est celle du huis-clos d'horreur et de suspens, qui fonctionne à merveille. La situation est tellement bien rendue qu'elle fonctionne à chaque re-visionnage, 30 ans plus tard. Même les décors sont restés inégalés par la plupart des réalisations récentes.

Ensuite, une seconde couche, plus "spirituelle", qui confronte l'Homme à l'étranger. Qui crée ce duel entre deux intelligences qui n'ont qu'une compréhension partielle l'une de l'autre. Le renvoi à un stade animal de l'humain qui lutte pour sa survie, gérant son stress, son besoin de s'adapter immédiatement au danger et à ses peurs ; et le renvoi à un statut mythique ou presque divin (supérieur, en tout cas) à l'être le plus instinctif et animal de la partie. Cette rivalité, cette confrontation, dont on sentirait presque un respect mutuel se former (mais presque), possède quelque chose de philosophique. Il s'agit d'un être humain isolé de tout et de tous, confronté à une altérité radicale.

Une dernière couche, enfin, encore plus générale et qui se détache de l'action, et qui renvoie cette fois à ce que l'on pourrait identifier comme le souffle de la vie. A travers tous les personnages et leurs réactions au problème, y compris le synthétique, nous avons dans ce film une fresque de la peur de la mort et des réponses à celle-ci. L'équipage du Nostromo ressemble au final à une seule et même psyché qui passe par tous les stades de la crainte de la mort, pour ne survivre qu'en dernier sursaut par le recours à la volonté de puissance. Au final, l'humain doit devenir l'Alien qui n'existe lui-même qu'au travers de son inexorable soif de puissance.

Un film dont, je pense, on doit trouver beaucoup d'admirateurs lecteurs de Nietzsche.
IIILazarusIII
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le 17 déc. 2010

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IIILazarusIII

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