La réalisation est d'une grande douceur (couleurs claires, plans rapprochés qui ne quittent presque jamais les visages des deux amoureux, si ce n'est pour montrer leurs corps en mouvement, ou des fragments de la ville, etc.). Le film est ponctué par la voix off du personnage principal, qui exprime sous forme de poésies ses sentiments ambivalents pour les deux villes de sa vie : Beyrouth et Toronto. Iel nous parle de guerre, d'amour, de violence, sans jamais tomber dans le stéréotype ou dans le déjà-vu.
Les passages elliptiques de sa romance avec l'inconnu rencontré à Beyrouth sont d'une grande tendresse et montrent aussi une forme de précipitation, d'urgence à se connaître, à tout savoir de l'autre, car on sait que peu de temps nous est accordé. Le film est tragique (et il serait difficile de le lui reprocher) mais aussi plein d'espoir. La joie et la tendresse queers ne disparaissent pas dans la guerre et le feu, en atteste le plan final dans lequel Amir et son amoureux éphémère apparaissent dans toute leur flamboyance.