Dans une bourgade ensevelie sous la nuit, deux fureurs stellaires — le chasseur d’ombre et l’abomination proliférante — s’entre-dévorent.

L’homme, frêle étincelle, n’est plus que cendre promise au grand effacement du ciel.


Prolégomènes d’une hécatombe industrielle

Il est des spectacles qui ne s’annoncent point : ils déferlent. Aliens vs. Predator – Requiem surgit ainsi, avec une rudesse férocement jubilatoire, plus cauchemardesque encore que son antécédent par la profusion orgiaque de trépas qu’il expose sans vergogne. La mort y pleut, drue, torrentielle, indifférente ; elle frappe avec une impartialité carnassière, n’épargnant ni l’enfance frissonnante ni la maternité frémissante. Cette bestialité, d’une noirceur atrabilaire, dote l’entreprise d’un relief méchant, impitoyable, qui ose — et c’est à noter — piétiner les dernières pudeurs narratives.


De la fébrilité homicide et de l’insuffisance de l’effroi

Hélas, cette abondance d’exécutions, si elle apporte au film une vigueur brutale, en ruine paradoxalement toute expectative. Les frères Strause, dans une précipitation convulsive, enchaînent les mises à mort avec une célérité si expéditive que le frisson n’a point le loisir de s’installer. Les scènes semblent juxtaposées comme des feuillets mal reliés ; l’épouvante, au lieu de sourdre et de croître, se dissipe dans cette vélocité débridée. Le spectateur, privé d’attache, contemple des silhouettes vouées d’avance à l’abattoir narratif ; il n’attend plus que l’instant, toujours imminent, de leur élimination atroce.


Des ténèbres comme d’un naufrage optique

À cette carence dramatique s’ajoute un désastre visuel d’une consternante ampleur. L’éclairage, d’une obscurité envahissante, engloutit les créatures mêmes qu’il prétend magnifier. Sur les écrans contemporains les plus sophistiqués, la mêlée demeure indistincte, comme noyée dans une poix indéchiffrable. Ce fiasco technique frustre le regard, mutile le plaisir, et transforme l’affrontement tant attendu en confusion ténébreuse. On devine plus qu’on ne voit ; on suppose plus qu’on n’admire.


Icônes déchues et vacuité mercantile

Là où les œuvres fondatrices de Ridley Scott et de James Cameron créaient des mythologies cinématographiques d’une ampleur prométhéenne, le métrage rabat ces figures jadis majestueuses au rang d’attractions foraines, agitées dans l’enceinte prosaïque d’une bourgade américaine sans relief. Le film paraît mû moins par une nécessité artistique que par une visée opportuniste, exploitant des emblèmes devenus rentables jusqu’à l’exsangue.

Ainsi demeure une œuvre bifide : d’un côté, une dureté sans frein, audacieusement amorale ; de l’autre, une vacuité dramaturgique et une pénombre envahissante qui dilapident ce que ces monstres avaient de fascinant. Un spectacle qui mord, certes — mais dans l’ombre, et trop vite.


Trilaw
5
Écrit par

Créée

le 12 févr. 2023

Modifiée

le 27 févr. 2026

Critique lue 37 fois

Aliens vs. Predator - Requiem

Aliens vs. Predator - Requiem

3

Vnr-Herzog

le 27 mai 2010

Suivre

Écoute les orgues, elles jouent pour toi...

Quand un imbécile patenté (Paul Anderson) décide de réunir les deux créatures les plus mythiques du cinéma fantastique moderne dans un seul film ça nous donne un film mou (rho le découpage nul), ne...

Aliens vs. Predator - Requiem

Aliens vs. Predator - Requiem

7

helldraco

le 31 mai 2014

Suivre

Faut pas juger avant d'avoir vu ...

Ce soir, j'ai vu un film. Ce soir, pour être exact, j'ai revu un film pour être sûr que mes yeux et mon détecteur de daube n'étaient pas en grève. Puisque tu es un gros malin et que tu as lu le titre...

Aliens vs. Predator - Requiem

Aliens vs. Predator - Requiem

1

Buddy_Noone

le 1 avr. 2020

Suivre

Explosion de caca

Alien vs Predator était nul. Tout simplement. Même votre petite soeur vous le dira. Lui trouver des qualités reviendrait à en chercher aussi au Batman and Robin de Joel Schumacher, au Terminator...

Simone - Le voyage du siècle

Simone - Le voyage du siècle

9

Trilaw

le 24 nov. 2022

Suivre

« Bientôt s’éteindra cette génération qui ne devait pas survivre »

Le film est farouchement et profondément féministe mais quoi de plus normal pour un métrage dédié à une femme extraordinaire qui a permis que l’un des droits les plus élémentaires pour elles, même si...

Avatar - La Voie de l'eau

Avatar - La Voie de l'eau

5

Trilaw

le 16 déc. 2022

Suivre

« On ne congèle pas les bébés »

Treize ans de longues années d’attente patiente pour un résultat aussi famélique. Commençons par la fameuse 3D, je me souviens d’un temps où les lunettes 3D étaient devenues un outil indispensable...

La Fin d'Oak Street

La Fin d'Oak Street

7

Trilaw

le 13 août 2026

Suivre

Un plaisir régressif honteusement assumé, entre saccage jubilatoire et maestria formelle

Il a quand même le droit de jouer avec son chien Un mystérieux et fulgurant embrasement céleste arrache soudainement, brutalement, le paisible quartier d’Oak Street à sa quiétude banlieusarde pour le...