Objet cinématographique pour le moins déroutant que Aline. Un biopic non officiel de Céline Dion signé Valérie Lemercier qui n'y va pas avec le dos de la cuiller question hagiographie de la diva québécoise. Tout le conte de fée y passe : l'enfant prodige qui enregistre une cassette pour René, son audition avec René, les conseils scéniques de René, son amour pour René qui ne plaît pas à sa maman, son mariage avec René, ses bébés conçus péniblement avec René, la mort de René et la solitude de la diva à Vegas sans son mari René. Et au milieu de tout ça, des scènes de concert et de shows télés. Sans oublier les limousines, la villa tellement grande qu'elle s'y perd, une pointe d'accent québécois et quelques minutes de blues parce que la vie de star planétaire c'est quand même dur. Wow...
Valérie Lemercier ne s'est manifestement embarrassée d'aucune prétention fictionnelle ou artistique. Elle traduit à l'écran les pages en papier glacé de Paris-Match et le récit autobiographique ultra-calibré qu'a échafaudé la star dans ses multiples exercices de communication média faussement spontanés. Seul écart imposé à la réalisatrice : les patronymes ont été changés pour éviter le contentieux avec la star. Céline devient donc Aline et René devient Guy-Claude. Voilà.
Pour le reste, aucune scène un tant soit peu intéressante qui aurait pu dévoiler l'envers du décor artistique du show : les séquences de studio, la démarche créatrice des compositeurs (en particulier Goldman) qui lui ont écrit son répertoire et ont magnifié sa voix ou encore le travail colossal de répétition avec les musiciens et techniciens talentueux avec lesquels elle partage la scène. Pire que ça, les scènes musicales sont mal mixées et vrillent les tympans. La musique n'était pas vraiment le sujet, visiblement.
Bref, Lemercier s'est payé un kif de fan. D'ailleurs plutôt apprécié par la critique. Tant mieux pour elle car elle n'a pas ménagé sa peine pour incarner son idole à l'écran. Sans sortir d'un centimètre des sentiers battus.
Mais pour ma part, voir le corps d'une gamine de 12 ans avec la tronche liftée de Lemercier, j'ai trouvé cela assez flippant.