Ce film m'a fait exactement le même effet que "Barbare" de Cregger. Une première partie fantastique qui mériterait largement 8/10 suivie d'une deuxième décevante et plus banale.

C'est rageant !

La première demi-heure est un crescendo d'angoisse parfait, incroyablement immersif et réaliste. On se met vraiment à la place de cette jeune femme qui voyage seule en voiture et on ressent le même stress qu'elle. Tout commence par une petite anicroche sur la route avec un automobiliste. L'homme n'a pas le look ni le comportement d'un méchant, mais il met mal à l'aise. Et l'inquiétude va se changer en angoisse à la nuit tombée quand la jeune femme va revoir cet automobiliste à chaque arrêt qu'elle fait. C'est hyper angoissant, même s'il ne l'agresse pas et c'est clairement la meilleure partie du film.

Une fois que la femme est entre les mains de l'homme, le film semble se diriger vers un intense affrontement psychologique en huis clos. Le ravisseur se révèle ouvertement flippant, précisant qu'il n'en est pas à son coup d'essai et semblant prendre du plaisir à torturer sa victime psychologiquement.

Mais malheureusement, le film bifurque brutalement vers le survival après la fuite de la jeune femme dans la forêt. La traque va occuper tout le reste du film, par tous les temps et sans temps mort. Le réalisme en prend un coup, ce qui nuit à l'empathie qui était si forte au début. Le principe de la traque fait que les deux personnages n'ont plus d'interactions et fait disparaître du coup le lourd malaise qui planait sur la première partie du film; on ne savait pas trop ce que voulait l'homme et son degré de dangerosité. Dans la deuxième partie, le doute disparaît car il n'a plus le choix : il doit la tuer pour l'empêcher de parler. On ne saura jamais ce qu'il comptait faire dans son sous-sol.

La traque n'est jamais ennuyeuse, mais elle souffre d'un manque de réalisme (elle s'enfonce un bâton sous la peau du pied sur 10cm !) et d'originalité.

Les deux acteurs sont excellents et la musique est remarquable tout en restant discrète et pas invasive du tout.

Comme dans "Barbare", on passe d'un début hyper intense et imprévisible à une suite balisée et prévisible. J'aurais tellement aimé mettre 8/10 !

Mairrresse
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Des titres si concis et Les meilleurs films de survie

Créée

le 26 août 2025

Critique lue 6 fois

Maîrrresse

Écrit par

Critique lue 6 fois

D'autres avis sur Alone

Alone

Alone

7

RedArrow

le 20 janv. 2021

Suivre

Traquée

Alors qu'une majorité de cinéastes cherchent sans cesse à renouveler les codes de survival pour en offrir des variantes inédites, John Hyams (fils de Peter) prend la direction inverse en préférant...

Alone

Alone

7

Antropophagus

le 2 avr. 2022

Suivre

Promenons nous dans les bois

Un bon petit survival des familles, réussissant là où de nombreux autres échouent : créer et maintenir un suspens dans un genre pourtant très codifié. J’ai aimé la simplicité de la mise en scène,...

Alone

Alone

7

OlivierAntoine1

le 20 janv. 2021

Suivre

Delivrance, sans temps mort

Ne vous laissez pas influencer par les critiques négatives, Alone est un excellent survival riche d'une tension anxieuse, prenant place dans de beaux et vastes décors naturels et portés par de bons...

Du même critique

The Moor

The Moor

8

Mairrresse

le 1 févr. 2025

Suivre

La lande de la moor

Je commencerai par la superbe affiche qui reflète bien, pour une fois, l'ambiance sombre et oppressante du film et qui surtout met bien en évidence son gros point fort, le paysage.Car c'est la lande...

Backrooms

Backrooms

9

Mairrresse

le 22 juin 2026

Suivre

Critique de Backrooms par Maîrrresse

Je pense qu'on pourrait analyser en profondeur ce que représentent ces backrooms d'un point de vue psychologique ou psychanalytique. Toutes ces cloisons, ces longs couloirs, ces salles dépouillées ou...

L'Abominable Docteur Phibes

L'Abominable Docteur Phibes

9

Mairrresse

le 28 mai 2025

Suivre

Symphonie macabre en kitsch majeur

Un authentique chef-d'oeuvre kitsch et outrancier qui mélange allègrement horreur macabre, romantisme échevelé, esthétique Art déco et humour noir.Au milieu de cette orgie visuelle et sonore, Vincent...