Malgré une esthétique soignée, un sujet prometteur et quelques grands noms du ciné espagnol, ce film flirte avec le téléfilm poussif. Les acteurs sont à la peine et offrent des expressions figées qu'on dirait filmées par un débutant tant les plans sont complaisants et s'enchainent de manière heurtée. Que dire de ce choix de faire fixer la caméra par les comédiens pendant de longues secondes, dans des lumières orangées ? Ou de ce montage de début de film qui rend la compréhension difficile pendant la mise en place de l'intrigue ? Ou encore de cette petite fille surexposée dont le nombrilisme occupe tout l'écran une bonne partie du film ? Autant de maladresses qui empêchent de prendre le film au sérieux. Sans parler de l'usage cartepostalesque des paysages du Nord de l'Espagne, ni de l'évacuation complète des plus humbles, au profit d'une classe privilégiée vivant dans une image d'Epinal que rien ne vient ternir. Bref, la découverte de la première grotte ornée de peintures rupestres en Europe et la remise en cause des théories archaïques passent à la trappe car j'ai passé le film à m'émerveiller du fait qu'on puisse autant passer à côté de son sujet en l'étirant au-delà du raisonnable... Un petit exploit qui mériterait presque qu'on étudie cette production dans les écoles de cinéma...