« C’est mon sosie parfait… avec des cheveux »

L’irruption d’un nouveau voisin, dont la physionomie se révèle être le parfait reflet d’Alex, entraînera en lui l’éclosion d’une profonde psychose. Nul autre que lui ne semble percevoir cette troublante et saisissante similitude.


Prolégomènes d’une déception parée d’atours fastueux

Il sied d’ouvrir cette critique par un aveu à la fois circonspect et légèrement accablé : l’œuvre, pourtant annoncée sous les auspices riants de la comédie, ne parvient que fort parcimonieusement à produire l’hilarité, et c’est là, hélas, un paradoxe cruel. Sous une apparence brillante et clinquante, le film expose un appareillage narratif qui, loin d’éveiller une franche gaieté, engendre plutôt une lassitude diffuse, voire une sorte d’accablement goguenard.


D’un ressort comique usé jusqu’à la corde

Le stratagème principal — cette troublante ressemblance entre deux figures que tout devrait opposer — se voit exploité avec une insistance si opiniâtre qu’il finit par perdre jusqu’à la moindre étincelle d’ingéniosité. Réitéré sans relâche, ce procédé tourne au tic, à la mécanique grippée, et lasse l’esprit le plus indulgent. Plus encore, si ladite similitude ne réside que dans l’imaginaire quelque peu vacillant du protagoniste, toute la portion terminale fondée sur l’échange des identités devient, par un effet d’incohérence risible, caduque et inopérante. Le spectateur, ainsi balloté, contemple cette construction branlante avec un scepticisme grandissant.


D’une incarnation outrée et peu nuancée

Quant à l’interprétation de Laurent Lafitte, elle suscite une impression mitigée, oscillant entre exaspération et perplexité. L’acteur, adoptant des mimiques et contorsions qui évoquent un certain burlesque d’importation à la Jim Carrey, semble s’abandonner à une expressivité outrancière et cabotine, qui tourne parfois à une imitation appauvrie de l’interprète tellement plus inspiré. Cette manière, loin d’enrichir le personnage, l’appauvrit et l’enferme dans une caricature peu flatteuse.


Peinture acerbe d’une médiocrité ordinaire

Il n’est point dénué d’intérêt de noter que le film s’attarde avec une complaisance appuyée sur la petitesse du quidam, cet être chagrin qui rumine ses jalousies et ses rancœurs avec une persévérance quasi pathologique. Cette inclination à magnifier les bassesses quotidiennes aurait pu nourrir une satire mordante ; elle n’aboutit ici qu’à une fresque laborieuse, où l’acrimonie tient lieu de profondeur.


D’un dénouement d’une virtuosité étourdissante

Et pourtant — renversement inattendu — les ultimes péripéties viennent illuminer l’ensemble d’un éclat inespéré. Là où l’on redoutait un enlisement définitif, le récit s’anime soudain d’une habileté retorse et d’une vivacité jubilatoire. Les rebondissements, savamment agencés, s’enchaînent avec une maestria qui confine à la prestidigitation narrative : faux-semblants, substitutions, révélations tardives s’entrelacent en une orchestration brillante et vertigineuse. Cette conclusion, riche en surprises et en volte-face, rachète en partie les longueurs antérieures et offre au spectateur une gratification tardive mais indéniable.


Conclusion en demi-teinte

Bref, malgré quelques intentions perceptibles, l’ensemble pâtit d’une exécution inégale et d’un comique défaillant. Néanmoins, la splendeur finale de ses retournements, telle une fulgurance surgie des brumes, vient atténuer les réserves et laisse, en ultime impression, une sensation plus nuancée, réconciliée même.



Trilaw
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le 8 avr. 2026

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Trilaw

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