De Nicolas et Bruno, je ne connaissais jusqu’alors que Message à caractère informatif, pastilles de détournement dont l’humour absurde satirise savamment le monde de l’entreprise, faisant de la COGIP la version la plus nulle de l’esprit corporate qu’il puisse être donné. Tant et si bien que le vidéaste Bolchegeek dont j’apprécie fort le boulot d’analyse culturelle a forgé le terme COGIPpunk pour parler de la dystopie pérave dans laquelle nous vivons actuellement, dominés par des beaufs.


Toujours est-il que j’arrivais sur Alter Ego sans vraiment d’a priori, ayant bien conscience que le duo avait sûrement évolué en vingt cinq ans, et que le médium cinéma diffère par bien des aspects de leur production séminale. J’y allais donc avec ce simple concept tout con qui pourrait faire penser à du Dupieux sur le papier : Alex voit débarquer un voisin qui est sa copie conforme, mais en mieux : Axel. Mais il est le seul à s’en rendre compte.


Mais la comparaison avec Dupieux s’arrête là. Car tout dans Alter Ego sent la maîtrise, là où l’autre cinéaste prolifique y va un peu au doigt mouillé. En résulte un film qui m’a fait rire de bout en bout, comme ça n'arrive qu’extrêmement rarement. Une comédie alliant à merveille le cringe et l’absurde, passant à la fois par le comique visuel qu’une écriture des dialogues au cordeau.


C’est la mise en scène de la symétrie, avec les projections d’un Laurent Lafitte sur l’autre (et c’est d’ailleurs la première fois que j’adhère à cent pour cent à l’acteur, formidable dans sa double interprétation) dans cette banlieue Monopoly. Un effet miroir qui traverse le film via des comiques de situation qui s’incrémentent dans des effets de répétition, jusqu’à la rupture qui mène à une dernière partie tout bonnement fantastique, alors que l’on commençait à douter de ce qui pourrait bien arriver pour conclure. Le film prend des bifurcations inattendues dans un absurde pleinement réjouissant.


Grand film sur le déni, celui de la dépression, de la jalousie, du désir, du couple déjà achevé, et de la ressemblance entre les deux voisins, Alter Ego rappelle également The Burbs de Joe Dante dans la parano qu’il instille. Dans un pur esprit COGIP, Nicolas et Bruno nous livrent la version la plus nulle du quartier pavillonnaire, la version la plus nulle du concept de double, la version la plus nulle de notre société de faux semblants.


Et c’est tout bonnement fantastique !


Créée

le 27 août 2026

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Frakkazak

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