Difficile de raconter ce qu'est Amer, et quand bien même je spoilerai tout le film, ça ne changerait rien pour celui qui ne l'a pas vu, car on ne peut spoiler des images, et ce film, ce n'est précisément que ça: des images. Alors oui, je pourrais vous dire que c'est un film en 3 segments qui nous montre 3 moments de la vie d'une femme: lorsqu'elle est enfant, lorsqu'elle est adolescente et enfin lorsqu'elle est adulte. Mais même en vous disant ça, je vous ai raconté tout le film et en même temps vous n'en avez rien vu, donc vous ne connaissez rien du film.
Quand on connait les réalisateurs Hélène Cattet et Bruno Forzani et leur amour pour le cinéma italien, nous ne sommes pas surpris de l'hommage qu'ils rendent au Giallo à travers ce film, et notamment à Mario Bava et Dario Argento. Et ça me semble surtout clair comme de l'eau de roche pour Mario Bava quand on voit à quel point, sur le plan technique, ils ont mis la max: couleurs saturées, zooms et dézooms, jeux d'ombre, contre-jours, gros plans sur les yeux, les lèvres, et j'en passe. Si vous voulez de l'esthétisme et de la beauté visuelle, vous allez être servis à vous en faire éclater la rétine.
Côté son, là aussi, ça va assez loin: on entend tous les moindres petits détails sonores tant ils ont tout amplifié pour qu'on ressente le film non seulement par les yeux, mais également par les oreilles. L'exemple qui m'a le plus marqué est celui du peigne (ceux qui verront le film comprendront).
Les musiques qui composent le film sont empruntés à d'autres films italiens (je crois), en tout cas, il y en a un que j'ai reconnu à la première note tant je suis fan de cette composition d'Ennio Morricone: "La tarentule au ventre noir".
Mais si je devais maintenant énoncer les 2 petits défauts du film à mon sens, je dirais que d'une part il manque quand même des lignes de dialogue. Il est clair que là, ce ne devait pas être compliqué pour les acteurs de mémoriser leurs partitions tant le film est silencieux. Il doit y avoir en tout et pour tout 10 lignes de dialogues dans la totalité du film. Et c'est pourquoi, pour moi, d'autre part, le 2ème petit défaut serait que, tant qu'à ce qu'il n'y ait pas de dialogues, autant qu'on nous diffuse un peu plus de musiques. Je ne demande pas non plus que le film ne soit que musical du début à la fin, mais la répétition du thème principal 2 ou 3 fois de plus pendant le déroulé du film, ça n'aurait pas été de refus.
Une expérience sensorielle, visuelle et auditive assez unique pour amateurs d'OFNI.
Avec la mer du Nord,
Le long des golfes clairs,
Et des vagues dodues,
Pour arrêter les vagues,
Et des poissons volants, volants,
Comme des goélands,
Et des planctons, en veux-tu en voilà
Et des saumons rouges surgissant de l'au-delà.
Et les méduses AMER, et les algues pourpres
Et les goémons d'hiver,
Rien, non rien ne m'empêchera de citer ton nom
Ô mer, mer, mer,
Cruelle marâtre AMER...
Et les gens qui me... beurrrkkkkkkmm...
(Benoit Poelvoorde - "C'est arrivé près de chez vous")