George Lucas en tant que réalisateur, ce n’est pas forcément la science-fiction (THX 1138) ni un phénomène mondial (Star Wars). Il est également le géniteur d’American Graffiti, une comédie dramatique beaucoup moins ambitieuse mais non moins intéressante. Car ici, il est surtout question de l’œuvre la plus personnelle du cinéaste. Celle qui lui permet de capter l’époque de son adolescence (les années 60) et d’en reproduire ce qui la caractérise. Par le biais d’un petit budget et d’huile de coude, Lucas décide ainsi de suivre la dernière nuit de quatre adolescents. Ces derniers arrivent, en effet, à la fin du lycée et certains d’entre eux s’apprêtent à quitter leur ville natale pour l’université. Ce qui s’apparente alors comme un enchaînement de saynètes plus ou moins rigolotes devient très vite une ode à l’insouciance. Qui voit ces jeunes vivre cette soirée en poussant les curseurs bien au-delà de leur quotidien – l’un ira un temps dans un gang, c’est pour dire – avant que la fatalité ne les rattrape. Cette fatalité, c’est le passage à l’âge adulte, avec son lot de responsabilités et de questionnements sur l’avenir. Mais c’est également l’ombre de la guerre du Vietnam, qui bouleversera la vie de plus d’une personne. Sans compter une destinée non définie, qui verra aussi bien un des personnages mourir pour ce qu’il sait faire le mieux, qu’un autre devenir une personne lambda. Après les belles voitures et une ambiance assurément rock, le carton de fin de film vient ajouter une noirceur et une complexité qui manquait un peu à l’ensemble. Car hormis son envie de pure nostalgie, American Graffiti n’offre finalement pas grand-chose à se mettre sous la dent. Seulement une intrigue chorale suivant ses personnages déambuler le temps d’une nuit, au volant d’une voiture ou au bras d’une jolie fille. C’est fort sympathique et plus malin qu’il n’y paraît. Mais à titre personnel, un peu plus de panache ou de construction narrative n’auraient pas été de refus.

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