Quatrième film d'Andrea Arnold et prix du Jury au festival de Cannes en 2016 American Honey nous plonge dans l'Amérique profonde pour y suivre le destin d'une jeune adolescente qui va rejoindre un groupe de marginaux.


Reflet d'une génération perdue, American Honey propose une vision des nouveaux laissés pour compte de l'Amérique profonde, des gens livrés à eux-mêmes et n'hésitant pas à défier les lois et surtout la vie pour mieux s'en sortir et s'éclater. Divisant son oeuvre en plusieurs villes, Andrea Arnold nous fait d'abord suivre la vie de cette bande à travers son van, les ventes de magazines, les diverses arnaques, les fêtes et tout simplement une vie marginale, où l'on ressent les fragilités de chacun de ces mômes, où la réalisatrice met en avant plusieurs de leurs problèmes sociaux.


Road movie au cœur d'une Amérique marginale, American Honey raconte aussi une rencontre puis l'amour entre deux de ces jeunes, un amour violent et régulièrement en fuite. Andrea Arnold parvient à faire ressortir l'intérêt de cette galerie de laissés pour compte, ainsi que de faire souffler un vent de liberté sur son oeuvre, parfois sublimée par une bande-originale oscillant entre hip-hop et musique plus traditionnelle, et l'impression de vivre avec eux une échappatoire à une réalité plus dure, avec les risques que cela encourent.


Néanmoins, American Honey a tendance à se montre un peu trop répétitif, notamment dans la deuxième partie, avec l'impression de revoir des péripéties se répéter, avec finalement l'impression de tourner en rond, ponctuée par une fin qui laisse un léger gout amer, et surtout d'inachevé. On peut aussi reprocher à l'oeuvre une émotion qui ne vient que trop rarement, alors que la réalisatrice, dans un style caméra à l'épaule, filme avec simplicité et sans esbroufe le quotidien de ces jeunes, tous très bien et naturellement interprétés.


Andrea Arnold propose avec American Honey une vision de l'Amérique profonde et marginale ainsi que des nouveaux laissés pour compte, mettant en avant un vent de liberté faisant oublier les quelques failles que l'on peut trouver à l'oeuvre, notamment dans sa gestion du scénario.

Docteur_Jivago
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le 11 févr. 2017

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