Vous allez finir par vous aimez les uns et les autres, bordel de merde ?!
Avec un titre comme "The purge", il y avait quand même de quoi s'inquiéter du produit fini, d'autant que la presse et les spectateurs semblent prendre un malin plaisir à le traîner plus bas que terre. Accueil exagérément agressif pour un film certes bancal et oubliable mais dont le point de départ (dans un futur proche, les américains ont une nuit par an pour commettre les crimes qu'ils souhaitent sans passer par la case chaise électrique) a au moins le mérite de proposer quelque chose qui sort de l'ordinaire.
Bien que manquant de sérieux arguments pour renforcer la crédibilité de son pitch et n'exploitant jamais ses possibilités les plus folles, "The purge" se veut une violente critique envers le rêve américain et notre société moderne en général, un regard peu flatteur et inconfortable sur notre hypocrisie et notre cynisme, sur notre capacité à accepter les pires choses afin de préserver notre petit confort et notre sécurité illusoire.
Une vision extrêmement pessimiste du monde et efficace dans ses premières minutes, avant que James De Monaco abandonne l'aspect subversif de son métrage au profit d'un home invasion lambda et prévisible, commettant de plus l'erreur de filmer son histoire du point d'une riche famille américaine peu attachante, alors que suivre une escouade meurtrière aurait peut-être apporté à l'ensemble une ambiguïté et un malaise certain.
Souffrant d'un casting inégal (Ethan Hawke est très bien mais Lena Headey est figée) et n'offrant finalement qu'un spectacle ordinaire, "The purge" est un thriller correctement emballé et agréable à suivre, parfois même jouissif dans sa dernière partie et échappant au politiquement correct, une série B imparfaite et boiteuse qui ne mérite cependant pas la volée de bois qu'elle s'est prise à sa sortie.