Le film, à l’époque, faisait exploser de rire beaucoup d’ados, surtout des garçons. Il arrivait à un moment où la sexualité devenait plus frontale au cinéma grand public, moins romantisée, plus crue. Le problème, c’est que cette “libération” passait souvent par un regard très masculin, et l’image des femmes en ressort aujourd’hui franchement discutable.
L’humour est gras, stupide, et la quête des personnages tourne autour d’un objectif qui paraît rétrospectivement assez ridicule. Mais c’était aussi le reflet d’une culture de fin des années 90, obsédée par la performance sexuelle, la pression du groupe et la peur de rester à la traîne. Le film fonctionnait comme un rite de passage caricatural.
Je comprends que la nouvelle génération puisse être choquée. Les codes ont changé, la sensibilité aussi. Ce qui passait pour transgressif à l’époque peut aujourd’hui sembler lourd ou problématique.
Une réinterprétation moderne écrite par des jeunes artistes serait intéressante, justement pour déplacer le regard. Peut-être moins centrée sur la “performance” et plus sur le consentement, l’identité, la vulnérabilité. Le même chaos hormonal, mais avec une conscience différente en gardant son humour absurde et son côté trash.