American Psycho nous raconte donc l'histoire de Patrick Bateman, vice directeur d'une entreprise côtée de Wall Street. Le film alterne entre ses diners mondains et ses assassinats. (Attention, à partir de là il va y avoir des spoilers)
On peut nettement scindé le film en trois parties, la première, prenant bien 1h10, est tout a fait ennuyante. Notamment à cause de sa structure. Une scène de repas ou a un moment le protagoniste confesse ses crimes sans que personne le remarque, comme une phrase tout a fait banale, suivie d'une scène de nuit ou il comment un meurtre. A chaque fois, Mary Harron monte juste un peu les curseurs, en rendant de plus en plus explicites et indigestes ces procédés sur-recyclés.
La deuxième partie est déjà plus intéressantes, bien que n'ayant rien de révolutionnaire. C'est le passage a la folie de Patrick Bateman. On le voit enchaîner des meurtres de sang froid, avant de le voir vriller, se faisant poursuivre par la police et appeler son avocat en pleur. Ce serait mentir que de dire que la rupture de ton vis-à-vis de la première partie ne m'a pas eu, mais j'ai tout de même trouvé ça très peu réussi. Si pour réussir cet effet de changement d'ambiance, il faut passer 1h10 a instaurer un climat ennuyant au possible, c'est pas glorieux.
Déjà, arrivé a ce moment là du film, le principal défaut que je pointe du doigt est le cynisme total, non seulement du personnage principal, mais aussi de la réalisation. Personne n'est bon, touchant ou quoi que ce soit. Le monde entier n'est qu'un ramassis d'égoistes incompétents, et comme le protagoniste l'a compris, il est perpétuellement mis au dessus de la masse. J'avais déjà émis cette critique pour le Loup de Wall Street, à la seule différence que le Loup de Wall Street nous dépeint des cons et leurs visions de la vie, sans y adhérer, alors qu'ici la réalisation semble en accord avec cette critique viscérale de l'existence.
Mais déjà que je trouvais le message de fond du film problématique, ce fut encore pire dans cette troisième partie.
En effet, après sa crise de folie, Patrick Bateman comprend que tout ces meurtres se passaient dans sa tête depuis le début. Comprenant ainsi qu'il n'est incriminé en rien, il entame un monologue intérieur, déclarant globalement que "ses actes ne voulant rien dire, personne ne le comprendras jamais, et il ne sera jamais puni pour ses pensées". Le ton qu'il prend en prononçant ces phrases me semble emplit d'une délectation répugnante, comme si la fin de son cheminement de pensée, le message du film est "soyez ce que vous voulez, pensez ce que vous voulez, du moment que vos actes ne vous trahissent pas".
Alors peut être que je me trompe, et a ce moment là je serais ravi de vous avoir dans les commentaires, mais ce film me semble prôner la superficialité en nous idéalisant un incel bourré d'argent.