American Son
5.2
American Son

Film de Kenny Leon (2019)

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"American Son" : zéro nuance, zéro cinéma

Ce film est écrit avec une telle lourdeur et un tel dogmatisme qu'il échoue totalement. Pire, par sa maladresse, il transforme ces sujets complexes en caricatures qui ressemblent précisément à des concepts artificiels ou préfabriqués.


​Voici pourquoi cette œuvre s'auto-détruit par son approche pamphlétaire.


Un scénario qui assène au lieu de démontrer

​La règle d'or du cinéma est : "Montrer, ne pas raconter". "American Son" fait l'exact inverse. Incapable de construire une situation dramatique qui illustrerait subtilement les biais ou les tensions, le film se contente de faire déclamer à ses personnages des théories sociologiques pré-digérées.


​- Refus de la nuance : le film part du principe que le spectateur doit accepter sa vision du monde comme un dogme irréfutable. Au lieu d'inviter le public à comprendre une situation complexe, le scénario le prend en otage pour lui faire la morale.


​- Aliénation du public : En adoptant un ton moralisateur et sentencieux, le film s'aliène d'office toute personne qui aborde le sujet avec scepticisme ou qui attend d'être convaincue par la force du récit cinématographique.


Un père de famille réduit à l'état de "punching-ball" scénaristique

​Le personnage du père, Scott (Steven Pasquale), est l'une des plus grandes faiblesses de l'écriture. Il n'est pas traité comme un être humain à part entière, mais comme une cible de tir conceptuelle.


- ​Un homme de paille : Scott est écrit uniquement pour incarner le soi-disant "privilège blanc" face à la colère de Kendra. Il est délibérément rendu aveugle et naïf face aux inquiétudes de son ex-femme, non pas parce que c'est psychologiquement crédible pour un père dont le fils a disparu, mais parce que le scénario a besoin d'un "contradicteur" à abattre lors des joutes verbales.

- Un débat artificiel : les échanges entre Kendra et Scott ne ressemblent pas à la panique de parents dans un commissariat, mais à un débat télévisé scénarisé où chacun récite ses fiches. Cela vide l'interaction de toute émotion authentique.


Une représentation des forces de l'ordre totalement invraisemblable

​Si le film voulait dénoncer un problème "systémique" au sein de la police, il aurait dû créer des policiers réalistes, ancrés dans le réel. Au lieu de cela, le film propose des caricatures grotesques qui décrédibilisent totalement son propre propos.


​Le cliché du policier incompétent : l'officier Larkin (Jeremy Jordan) est d'une naïveté et d'une bêtise si exagérées qu'il est impossible de croire qu'il a pu passer le concours de l'académie de police. Ses gaffes constantes ne servent qu'à donner à Kendra des occasions de faire des discours indignés.


​Le manichéisme absolu : en présentant un commissariat qui agit avec une malveillance ou une incompétence presque comique, le film perd toute attache avec la réalité. Les situations ne découlent pas d'une tension organique, mais d'une volonté grossière de forcer le trait pour s'assurer que le spectateur comprenne bien "qui sont les méchants".


L'hystérie émotionnelle comme cache-misère narratif

​Pour masquer le vide abyssal de sa mise en scène (qui reste collée à son origine théâtrale) et la fragilité de ses démonstrations, le film s'en remet à une escalade émotionnelle forcée.


- une performance épuisante : Kerry Washington passe le film entier dans un état d'hyperventilation et d'agressivité. Cette hystérie constante empêche toute progression dramatique. Au lieu de ressentir de l'empathie, le spectateur se retrouve agressé auditivement et visuellement.


​- le fils, un simple prétexte : Jamal n'est jamais caractérisé autrement que par les statistiques ou les peurs que ses parents projettent sur lui. La tragédie finale tombe à plat car le film a oublié de nous le présenter comme un jeune homme réel ; il n'était qu'un prétexte idéologique.

Conclusion

"​American Son" est l'exemple parfait du militantisme qui détruit l'art. En voulant forcer au forceps des concepts comme la thèse des violences policières ciblées ou le "privilège blanc" sans jamais faire l'effort de les ancrer dans une réalité humaine crédible, le film se sabote lui-même. Il ne convaincra personne qui n'est pas déjà acquis à sa cause, et exaspérera les autres par sa lourdeur didactique, son manichéisme caricatural et son incapacité flagrante à véritablement faire du cinéma.

vongoethepa
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le 28 avr. 2026

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vongoethepa

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