Amerrika est un film très touchant qui donne à voir ce qu'on pourrait appeler "l'autre côté du miroir".
Le film adopte en effet le point de vue d'une famille arabe (vivant en Cisjordanie) qui quitte leur pays pour les Etats-Unis, espérant y trouver un pays plus ouvert et où il est plus agréable de vivre. Si l'Amérique est la terre de liberté, le 11 septembre et la guerre en Irak ont fait des "arabes" au sens large une cible privilégiée. C'est tout le but du réalisateur Cherien Dabis.
Dans ce film, il veut montrer que les actions d'une puissance comme les Etats-Unis peuvent avoir des répercussions très sérieuses sur des peuples qui n'ont rien fait mais qui sont assimilés à d'autres. Ainsi, le jeune Fadi est surnommé par ses camarades américains Oussama et un banquier dit en blaguant à sa mère "Ne nous faites pas exploser s'il vous plaît".
Durant les années Bush, les américains ont connu une vague de peur sans précédent. Ils se méfient encore plus de l'étranger qui vient dans leur pays. Que vient-il y faire ? Voler le travail aux américains dont les soldats se battent pour la démocratie en Irak ou vient-il au contraire les terroriser ? Les préjugés sont plus forts que tout et Fadi et sa mère Mouna devront les affronter et les surmonter. L'une des répliques les plus "touchantes", les plus dures à entendre est quand Mouna dit à son fils qu'ils n'ont aucun foyer dans le monde. Chez eux, la situation est dramatique. En Amérique et dans les pays de l'Occident, les arabes sont vus comme des terroristes. Ils n'ont donc nulle part où aller.
Amerrika est un film au style sincère, émouvant mais avec une touche humoristique qui l'empêche d'être une tragédie. Le réalisateur ne cherche jamais à faire d'effets, il ne cherche pas non plus la compassion. Il suit ses acteurs avec un style presque documentaire. Ce qu'il veut, c'est pointer du doigt une réalité que beaucoup ignore.