C’est ce qui s’appelle un titre qui sonne aussi bien. Autant qu’il correspond parfaitement à la teneur du film qu’il représente. Avec « Amour Apocalypse » on est face à une histoire d’amour, ou plutôt une rencontre amoureuse, qui s’avère tout sauf conventionnelle et c’est tant mieux puisqu’une certaine vision de la fin du monde y est suggérée. On pourrait même dire que ladite histoire sort joliment des sentiers battus et c’est très agréable. On est loin de la comédie romantique classique au vu des thèmes extrêmement sombres abordés et qui servent de contexte au long-métrage mais le tout parvient à ne pas être trop déprimant. Il y a même quelques pointes d’humour décalé ou sarcastique qui passent bien. On regrettera cependant que l’intrigue finisse par faire du surplace et que le rythme soit un peu lancinant, notamment dans le dernier tiers du film.
« Amour Apocalypse » possède un atout fort dans son escarcelle en la personne de son comédien principal, Patrick Hivon. L’acteur, vu notamment dans la série de Xavier Dolan, « La nuit où Laurier Gaudreault a disparu », est tout simplement extraordinaire dans le rôle d’un personnage qui l’est tout autant. Comme galvanisé par l’homme qu’il incarne, Hivon donne tout ce qu’il a et se glisse dans la peau de cet homme craignant la fin du monde tel qu’on le connaît, rongé par l’anxiété et proche de la dépression qui va faire une rencontre inopinée par téléphone et tomber amoureux. Incroyable, touchant et d’une justesse imparable, il est la lumière d’un film parfois mélancolique et dur dans ce qu’il raconte.
La réalisatrice Anne Émond qui nous avait gratifié du génial « Jeune Juliette », son dernier film en date et une œuvre en forme de récit initiatique aussi drôle et que touchante, change radicalement de ton avec son nouveau film. Une œuvre bien plus dépressive mais traversée par des instants de grâce lumineux (comme le très bucolique et amusant plan final). Ici, on traite d’éco-anxiété, de crise existentielle face à l’avenir et de notre place dans ce monde qui change de manière drastiquement mauvaise mais aussi de résilience face à cela. On sent une morale positive et un côté qui prône l’amour sauveur mais c’est fait avec finesse et beaucoup d’acuité. Rarement on avait parlé de ces thèmes au cinéma de manière si fluide et pertinente. Si « Amour Apocalypse » souffre de quelques défauts de narration et qu’il est imparfait, il souffle une petite musique assez rare et stimulante pour qu’on s’y intéresse.
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