C'est avec beaucoup d'émotions que l'on entre dans la vie tourmentée d'Amy Whinehouse. En effet, la première image est saisissante : Amy est ado, elle est avec des amies et celle qui tient la caméra annonce que c'est son anniversaire. Là, elle cadre Amy se mettant à chanter un magnifique "Happy birthday" avec une superbe voix jazzy et des trémolos parfaitement maîtrisés. On est déjà ému par sa puissance vocale et son talent, mais on est surtout ému par l'ironie dramatique de la situation : le spectateur connaît déjà la fin de l'histoire.
Le reste du film se déroule de manière chronologique et de manière presque fictionnelle. Les extraits vidéos témoignent sans cesse de la personnalité extravagante d'Amy, mais également de sa passion pour la musique et pour le jazz qui est pure et sincère.
L'histoire est racontée habilement par ses proches dont le visage n'apparait jamais. La voix-off est privilégiée, ce qui nous permet de ne jamais sortir de la vie de la chanteuse.
Le scénario se déroule en ascension pour atteindre son pic : la célébrissime Amy et son album "Back to Black". C'est là que l'on commence à descendre en crescendo de manière fulgurante. La descente aux Enfers d'Amy était déjà prévisible dans la première partie du film mais la seconde partie évolue à une vitesse vertigineuse. On s'introduit dans sa vie privée, et sans pudeur, on comprend que l'absence de la figure paternelle dans sa jeunesse a beau être classique mais joue dans son mal être. On comprend aussi que sa célébrité nouvelle et ses mauvaises rencontres (dont son mari) ont aidé l'artiste à tomber. Et malgré toutes ses tentatives pour sortir la tête de l'eau et ne plus se noyer, Amy rentre dans l'Histoire et dans le tragique club des 27, rejoignant Janis Joplin, Jimi Hendrix, Jim Morrison ou encore Kurt Cobain.
Malgré une intrusion dan sa vie privée et un petit côté voyeurisme gênant, ce documentaire rend un bel hommage à cette chanteuse partie trop tôt.