Cher Jalil Lespert, cher Bertrant Bonnello, vous avez voulu nous raconter l’histoire d’Yves Saint-Laurent tous les deux, à votre façon, et la même année. Le premier film est porté par deux acteurs principaux issus de la Comédie Française, le deuxième était au festival de Cannes. Un point commun vous uni : les deux films sont ratés ! Et pas qu’un peu.
Tout d’abord les scènes d’exposition des deux films. Selon vous, tous les spectateurs sont censés connaître le personnage d’Yves Saint-Laurent, alors inutile de le présenter, commençons tout de suite par un personnage en pleine ascension de gloire dans son travail. Première erreur ! Moi, je ne le connaissais pas, j’aurai aimé le rencontrer à travers vos films, savoir qui il est, comment il a réussi…mais non ! Vous avez décidé de me priver de ces informations. Premier malaise et pourtant, on est à seulement cinq minutes de film.
Parlons un peu du deuxième film, « Saint-Laurent » de Bonnello. Si le personnage principal n’est pas présenté, les autres ne le sont pas plus. Qui est Pierre Bergé ? Qui est son amie interprétée par Léa Seydoux ? Qui est qui bon sang ??? Impossible de le savoir, rien n’est expliqué. C’est simple, ce film ne raconte pas une histoire à un public, il montre des images, des scènes de vie inexplicables, s’enchaînant de manière absurde.
Le reste est une simple catastrophe. Le montage est affreux, les séquences n’ont aucun lien logique entre elles en défilant l’une après l’autre, aucun personnage n’est caractérisé, on ne comprend rien à la psychologie du héros, et puis il y a cette scène INTERMINABLE où Pierre Berger négocie avec des américains et notre attention ne se porte plus que sur la traductrice qui répète chaque dialogue en passant du français à l’anglais….on ne comprend même plus de quoi il est question ! Les scènes de défilés sont ratées à cause d’une mise en scène ennuyeuse qui n’est pas assez dynamique et les musiques sont parfois insupportables, notamment dans les boîtes de nuits.
J’ai mis pourtant 2 à ce film car je reconnais le talent de Gaspard Uliel, en parfaite copie de son prédécesseur Pierre Niney (oups !) mais il tient le rôle du début à la fin, tout comme son partenaire Jérémie Rénier, d’une justesse totale. Et puis, avouons-le, les costumes sont superbes mais j’ai presque envie de dire : encore heureux pour un sujet pareil !!
Bref, le film est un supplice du début à la fin, d’autant plus qu’il dure 2h30. Si le premier biopic de Lespert est décevant, celui de Bonnello est un ratage complet.