Depuis Le Syndicat du Crime, Chow Yun-Fat a perdu son statut de bête noire du box-office qu’il avait officieusement acquis dans la 1ere moitié des années 80. Tous les films, dans lesquels il jouait, se cassaient la figure au box-office. Mais John Woo a fait de lui une méga star en un seul film et tout le monde se l’est arraché car à partir de là, il était pour beaucoup à la réussite d’un film financièrement parlant. On le retrouve dans le deuxième film de Mabel Cheung, An Autumn’s Tale, sorti en 1987 et dans lequel il va partager la vedette avec Cherie Chung. Le film est un très gros succès, remportant plus de 25M$HK. Mais ce succès n’est pas qu’à mettre au crédit de Chow Yun-Fat, c’est surtout un pur film de sa réalisatrice, dans la continuité du premier opus de sa trilogie de l’Immigration (dont il est le 2ème film). Le succès est également critique puisque An Autumn’s Tale a gagné le prix du meilleur scénario, de la meilleure photographie, ainsi que celui du meilleur film aux Hong Kong Films Awards. Il est même considéré par certains spécialistes comme un des meilleurs films sur la vie à New-York dans les quartiers pauvres pendant les années 80, et il a clairement eu une influence considérable sur les drames romantiques produits à Hong Kong qui ont suivi.


Dans son premier film, The Illegal Immigrant, Mabel Cheung s’inspirait de sa propre expérience dans le quartier chinois de New York pendant sa jeunesse, et c’est la même chose pour An Autumn’s Tale. The Illegal Immigrant pourrait d’ailleurs être considéré comme un brouillon (sans aucune connotation péjorative) de Autumn’s Tale, qui est possiblement son meilleur film, tant ils sont similaires sur bien des points, alors qu’il est au final plus conventionnel. Mais le duo Chow Yun-Fat / Cherie Chung fait clairement monter le film d’un cran. Chow Yun-Fat incarne le sympathique Figurehead, surnommé Figgy, ce genre de personnage qui n’a pas d’argent et qui n’a pas eu d’autres possibilité que de devenir très débrouillard pour survivre dans cet environnement hostile qu’est New-York. Il va devoir s’occuper de Jennifer, interprétée par Cherie Chung, une jeune immigrée venue étudier à l’université de New-York, et c’est là que sa vie va changer. Le schéma entre les deux va être classique, d’abord les disputes, avant de se découvrir une réelle complicité, que les sentiments ne prennent le dessus et que la romance s’installe. Mais le moment semble toujours mal choisi pour qu’une réelle histoire d’amour commence réellement, comme si ce n’était jamais le bon timing. Ils jouent le jeu de la séduction, chacun commence à voir les qualités de l’autre, ils se trouvent même des points communs, mais il y a toujours un évènement extérieur qui vient mettre un frein, voire un stop. C’est classique, oui, mais ça fonctionne grâce au talent des deux acteurs, à leur réelle complicité, et leur naturel à l’écran.


Comme son prédécesseur, An Autumn’s Tale adopte un ton ouvertement réaliste, quasi documentaire par moments, et n’hésite pas à dépeindre la pauvreté et la violence qu’on trouvait dans les quartiers pauvres de New-York. Mais comme dans The Illegal Immigrant, Mabel Cheung ne s’apitoie pas sur le sort de ses personnages et malgré les choses difficiles qu’il leur arrive, malgré les thématiques difficiles qui sont abordées, le ton reste malgré tout souvent léger. On sent vraiment parfois que Mabel Cheung nous parle de son vécu car tout semble tellement authentique. Elle a d’ailleurs avoué que, même si ce n’était pas son histoire à 100%, elle avait mis beaucoup d’elle dans ce film. A l’instar de The Illegal Immigrant, An Autumn’s Tale ne tombe jamais dans le mélo ou le pathos. Mabel Cheung sait parfaitement comment rendre son film suffisamment dynamique et même parfois drôle pour que même les non-initiés à ce genre de romance y trouvent leur compte et ne s’ennuient pas. Cheung a la bonne idée de ne pas surcharger le récit principal avec des intrigues secondaires, tout son film sera centré sur le duo de personnages interprétés par Chow Yun-Fat et Cherie Chung, qui trouvent ici un de leurs meilleurs rôles, et cela s’avère payant. Bien que l’ensemble soit prévisible, comme on se prend très vite d’affection pour ces personnages et qu’on s’intéresse à ce qui leur arrive, ce n’est à aucun moment gênant. Leur histoire n’est pas simple, le scénario prenant un malin plaisir à nous faire comprendre que ce n’est pas forcément simple de tomber amoureux, et la fin de l’histoire est assez géniale.


An Autumn’s Tale est une romance simple mais très solide, ne s’encombrant pas d’éléments superflus pour se concentrer sur le gros point fort du film, son duo de personnages, interprétés par un Chow Yun-Fat et une Chérie Chung impeccables. Un vrai beau film.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-an-autumns-tale-de-mabel-cheung-1987/

cherycok
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le 29 juin 2025

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