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le 31 août 2023
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Le mari de Sandra a été retrouvé mort au pied de leur maison, vraisemblablement victime d’une chute. Reste à savoir s’il s’agissait d’un accident, d’un suicide ou d’un meurtre. Le procès qui s’engage devra le déterminer.
La première scène plante le décor. Un chalet isolé, de la neige, une balle qui descend seule les escaliers avant qu’une mâchoire animale ne la rattrape avidement. Les codes de l’horreur sont à l’honneur avant d’être détournés pour identifier un couple. Elle, écrivaine reconnue, est interviewée par une étudiante désireuse de consolider son sujet de thèse. Lui, invisible à l’étage, marque sa présence par une musique envahissante mettant ainsi un terme à la rencontre enivrante entre les deux femmes. Tout est dit ou presque sur cette relation fragilisée par le déséquilibre. Accident, culpabilité, problèmes financiers, jalousie, frustration, tromperie, dépression, violence… Des éléments à charge que l’avocat général, adversaire féroce, n’hésitera pas à disséquer pour accuser l’épouse. Celle-ci se défend comme elle le peut, jonglant avec la langue française qu’elle ne maîtrise pas, obligée de dénuder sa vie, son mariage, devant les jurés, les médias, et son fils. Mais qu’il est difficile de lutter contre un fantôme, voilé comme le souvenir.
Malgré quelques longueurs et une certaine froideur, la Palme d’or est une déconstruction intime et ingénieuse d’un personnage féminin incarné avec force par l’Allemande Sandra Hüller. Choix judicieux, car son visage atypique se laisse difficilement lire et son accent lui apporte une étrangeté. Quant à l’héroïne qui porte son prénom, son métier est par essence l’altération de la réalité par la fiction. C’est donc à l’enfant lumière d’éclairer ce monde où plane l’ombre d’un doute. Extralucide au regard aveugle, celui-ci marque le temps qui passe par le morceau qu’il apprend à jouer au piano. Accompagné d’un Border Collie épatant – également récompensé à Cannes –, il découvre le corps ensanglanté du père. Puis, au risque de sacrifier son plus fidèle compagnon, le garçon tient entre ses mains le destin de sa mère. Ici naît le vertige.
(7.5/10)
twitter.com/cinefilik
Créée
le 7 sept. 2023
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