Comparé à ses compatriotes cinéastes autrichiens, Michael Haneke et Ulrich Seidl, Josef Hader s'avère moins féroce, ce qui ne l'empêche pas de s'exprimer rudement sur son pays et sa mentalité (La tête à l'envers). Une fois encore, dans Andrea gets a Divorce, il s'est réservé un rôle bien chargé mais ce n'est pas lui le "héros" d'une histoire qui en dit assez long sur l'exode rural et la vie, quelque peu pathétique, de ceux qui sont restés vivre à la campagne, faute d'espérer mieux, sans doute et par habitude. Andrea est une policière désireuse de divorcer et de rejoindre une ville plus importante que la modeste bourgade où elle habite et où il ne se passe presque jamais rien. Le presque vient bien entendu égayer un scénario suffisamment malin pour créer des situations incongrues qui donnent quelques soucis à Andrea et à plusieurs habitants de son village, lesquels se connaissent tous. Dans un univers où boire ou ne pas boire semble être la question essentielle, le réalisateur fait montre à la fois de cruauté et de tendresse pour ses personnages, un peu perdus, un peu résignés, un peu fatalistes. La mise en scène, simple mais efficace, et l'interprétation, impeccable, contribuent à nous rendre proches ces femmes et hommes rustiques dans leur autrichienne de vie.