Je défendrais toujours les films de Luc Besson des années 80/90 parce qu'ils sont ambitieux, impactants et très soigneusement réalisés. Néanmoins je suis beaucoup plus réservé sur la carrière du réalisateur à partir du milieu des années 2000, ce que j'appelle l'ère EuropaCorp. À partir du moment où Luc Besson s'est affranchi des maisons de production pour faire exactement les films qu'il souhaite, la qualité de son cinéma a drastiquement baissé. Premier fruit de sa société de production, Angel-A représentait tout ce qui n'allait pas dans la seconde moitié de carrière de Besson, un scénario lénifiant de mièvrerie, une mise en scène clichée jusqu'à l'os et une esthétique de spot publicitaire donnant un air factice à chacun de ses films. Angel-A ressemblait à une longue publicité pour parfum alignant tous les poncifs possibles autour de la capitale française, c'était très pauvre, faussement classieux et ça singeait trop maladroitement Les Ailes du désir de Wim Wenders pour susciter la moindre émotion du spectateur. Vite vu, déjà oublié.