Un cran en dessous du volume 2, ce film présente toutefois de grandes qualités notamment techniques. Noboru Tanaka qui a fait quelques œuvres majeures maîtrise l’éclairage, la couleur, l’image, les plans de coupe, le montage, la position de la caméra (quitte à appuyer parfois un peu trop sur sa virtuosité). Cette maîtrise cinématographique est mise au service du scénario de Takashi Ishii toujours aussi noir et pluvieux, urbain et délabré mais virant vers le dantesque. Les acteurs principaux sont impeccables : Eri Kanuma (un vingtaine de rôle principaux dont « Flesh Target: Rape », en Nami fière et fragile, absorbant le malheur des femmes jusqu’à la folie, et Takeo Chii en Muraki. Les second rôles tiennent aussi bien la route : Mimi Sawaki , Miyako Yamaguchi , Kyôko Aoyama (Apartment Wife: Target Bedroom), Rie Hayashi, Minako Mizushima (Climax rape: hagu, Momoe’s Lips, Rape Ceremony, Le sentier de la bête), toutes victimes de viols.
Pourtant, le film n’est pas un chef d’œuvre, la faute au scénario privilégiant trop les répétitions de ces viols de plus en plus violents. Eros et Thanatos sont conviés avec attirance et répulsion mais sans nouvelle relecture. Les fins mélangeant onirisme et folie achèvent de déstabiliser le spectateur.
Mais c’est le destin de Nami de porter le malheur des femmes face à la violence des hommes. Le mérite du cycle contrairement à la vision de Yasuharu Hasebe est de montrer le caractère destructeur d’un viol. Ces six Anget Guts constitue une vraie œuvre de cinéma riche du regard des différents réalisateurs sur le personnage créé par Takashi Ishii.