Entre étude psychologique et comédie de mœurs, le récit de la réalisatrice Martha Coolidge se concentre sur Angie, jeune américaine bien de son temps à qui il faudra la perspective d'un drame de la vie pour approcher la maturité. Déséquilibrée par l'absence d'une mère qu'elle ne connait pas puis par la naissance d'un enfant mal né, Angie semble incapable d'aborder la vie de façon responsable.
Il y a dans ce film quelques bonnes idées et, parfois des velléités de sincérité ; mais pas l'ombre d'une personnalité. L'approche psychologique est soumise à des rebondissements spectaculaires -scènes de ménage et querelles familiales, scènes d'hôpital et suspense "médical"), à une symbolique balourde, à des seconds rôles médiocres seulement utiles à mettre de l'animation et à servir de faire-valoir.
La cinéaste n'isole pas son héroïne et se prive de scènes intimistes qui soient véritablement sensibles. Elle met en scène tout un remue-ménage jusqu'à tomber dans le pire mélodrame où le sort pathétique d'un bébé se doit, ostensiblement, de nous arracher des larmes. Mais tout finit bien, suivant une morale très comme il faut, c'est-à-dire bien mièvre.