Grand fan de Kitano durant mon adolescence, je me suis ensuite éloigné du réalisateur après Zatoichi qui reste à la fois mon film préféré du réalisateur en plus d'être un ovni dans sa filmographie. Le patte de l'humoriste japonais se reconnait bien plus dans "Aniki', mon frère" qui, hormis le cadre de Los Angeles, ressemble malheureusement beaucoup trop à ses autres films. On retrouve exactement les mêmes schémas que dans Jugastu ou Sonatine voire Outrage pour citer un plus récent.
Ces plans lents avec des personnages immobiles sans pour autant prendre un paysage en arrière plan, souvent juste pour installer une tension.
Ces dialogues crus.
Cette violence parfois gratuite qui explose d'un coup sec. Ouais, il faut l'avouer, c'est peut-être LA patte de Kitano qui lui a permis de se démarquer à l'époque car les fusillades sont aussi jouissives que choquantes.
Cette montée inéluctable de la violence vers une fin tragique que l'on devine dès les premiers instants.
Une intrigue simple qui manque parfois de profondeur. En effet, outre la relation entre Kitano et Omar Epps, le reste semble être un copier coller en bonne et due forme de ses autres films. Un yakuza exilé à Los Angeles reforme un clan avec son frère et quelques racailles du coin pour monter petit à petit en puissance.
Au final, à qui s'adresse ce film? Aux cinéphiles curieux du dimanche qui désirent découvrir Kitano, savent apprécier un humour décalé arrosé de violence dantesques. Si j'ai apprécié ce retour aux sources pour ma part, il ne m'a pas convaincu de visionner toute la filmographie du réalisateur.