Profession prophétique et puis ensuite problématique



Au début on se dit que l’Ann Carver du titre de ce film de 1933 incarne toutes les femmes qui ne peuvent s’épanouir en ayant pour unique « profession » une activité aucunement reconnue comme telle et qui est celle de femme au foyer.

L’époux aimant et compréhensif le devine et l’encourage à en sortir et elle devient une femme dont la carrière est une réussite exceptionnelle à une époque où l’expression « career woman » n’existe pas encore puisqu’il y en a encore trop peu à qualifier ainsi.

Autre expression qui, pour les mêmes raisons, n’existe pas non plus : « breadwinner ».

Mais la plupart des hommes américains le sont.

En tout cas, s’ils ne sont pas les seuls à « faire bouillir la marmite » pendant que madame fait cuire la viande ou le poisson, ils sont les « number one bread winner ». Ils gagnent plus que leurs femmes, ce qui, soit dit en passant, concerne encore la plupart d’entre eux dans toutes les sociétés occidentales où l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes dans tous les domaines tarde à venir.

Et puis et puis…après que l’homme souffre dans son égo autant qu’il est normal à cette époque, après qu’un père chargé de la sagesse qui va avec le poids des ans dise à la femme : « The male is a weak creature » (vf « Le mâle est une créature faible) en ajoutant que devant une situation qu’il ne peut résoudre, il préfère fuir que l’affronter, après tout ça…et bien voyez le film jusqu’à la fin, il n’est pas très long, et vous trouverez peut-être comme moi que son « message d’amour » est peu aimable pour les féministes, même les plus modérés.

Côté actrices, plus je regarde Fay Wray, plus je comprends King Kong et me fais le mauvais calembour « une wraie Fay ».


p.s. « féministes modérés » et non « modérées » car il n’est pas nécessaire d’être une femme pour être féministe et il suffit, à l’intérieur d’un groupe donné, qu’il y ait un homme et toutes les femmes du monde pour que le groupe soit masculin en vertu de cette règle de grammaire française que j’éprouve un plaisir malin à rappeler à tous (les femmes inclus évidemment)


rere15
7
Écrit par

Créée

le 17 janv. 2026

Critique lue 5 fois

rere15

Écrit par

Critique lue 5 fois

Du même critique

Hidden Fear

Hidden Fear

4

rere15

242 critiques

Peur qui pouvait rester cachée

Quand j’ai vu qu’il y avait un polar réalisé par de Toth, j’ai voulu voir ça. J’ai vu et je n’ai pas été convaincu. Certes on voit très vite que ce n‘est pas filmé n’importe comment par n’importe...

le 18 juil. 2025

Il marchait la nuit

Il marchait la nuit

8

rere15

242 critiques

Noir à mettre en lumière

« Amazing » s’exclame, admirative, une des victimes de l’homme que la police recherche après qu’elle ait participé à la constitution progressive de son portrait-robot.« Amazing » est le mot utilisé...

le 8 juin 2025

I Love a Mystery

I Love a Mystery

6

rere15

242 critiques

Un mystère que j'aime bien, un autre que j'aime moins

J’aime bien LE mystère mais s’il y a UN mystère que je n’aime pas du tout, c’est comment il peut se faire qu’après seulement quelques minutes, comme ça m’est arrivé avec ce film, je puisse me dire :...

le 9 mars 2026