Techniquement, il n'y a pas grand chose à reprocher : le noir et blanc est très classe avec des contrastes très prononcés, proche du film noir par moment et l'introduction qui présente le quotidien dans l’hôpital mélange agréablement le ton entre documentaire, des drames personnels et quelques touches humoristiques (dues à Rodolfo Sonego et Dino Risi qu'on trouve comme co-scénaristes ?).
Mais quand surgit l'ex-fiancé, on bascule dans le mélodrame conventionnel et usant, plus proche de Matarazzo que Cottafavi malgré quelques séquences assez pessimistes. Mais Vittorio Gassman est ridicule en méchant tandis que Raf Vallone n'est pas vraiment convaincant.
Le plus horripilant est que Lattuada est incapable de tenir son récit très mal construit entre les 20 premières minutes qui posent un univers en prenant bien son temps, les longs flash-backs et un final proprement interminable. Ca dure pratiquement 30 minutes alors que ça pourrait tenir en 2 minutes. L'émotion et le lyrisme sont complétement noyés dans ces circonvolutions inutiles.
Ca sent vraiment trop le véhicule pour Silvana Mangano qui joue au final presque 3-4 rôles différents entre la nonne, l'amoureuse blessée, la victime tragique ou l’hôtesse de cabaret (dont la chanson "El negro zumbon" fut un gros carton).