Carlos Saura, précurseur involontaire de #metoo, dénonce une fois de plus dans Anna et les loups, les abus du pouvoir, essentiellement masculin mais pas que.
Il reprend l’abus Sexuel déjà dénoncé dans "Pepermint twist", en ajoutant ici l’Eglise et l’Armée.
Probablement, il s’agit d’abord d’une critique du franquisme et de l’hypocrisie de ses piliers, mais le message porte de manière plus universelle.
Même en ayant aimé le film, le sentiment n°1 pour moi a été l’inconfort.
Anna et les Loups met mal à l’aise le spectateur masculin (le féminin aussi sans doute), dérouté par le charme de Anna - Géraldine Chaplin - et les névroses des autres personnages, entres autres les 3 hommes de la maison bourgeoise où elle assume le rôle de gouvernante des enfants.
Le côté provocateur d’Anna crée de l’ambiguïté. C’est elle qui appuie là où cela fait mal, au lieu d’essayer de s’échapper à cet environnement scabreux (un « obsédé » sexuel, un mystique, un collectionneur de costumes militaires). Elle paraît parfois détenir le pouvoir sur les 3 hommes. On peut croire qu’elle les admire sincèrement ou bien qu’elle se moque d’eux ou bien les deux.
Tout n’est pas vraisemblable dans le film et cela paraît être une volonté de Carlos Saura.
Vu de 2021, les personnages autre que Anna sont préhistoriques mais jouent très bien leurs rôles de coincés dans une époque et des obsessions typées.
Anna au contraire est moderne, libre, confiante, légère. Elle est filmée comme un extra-terrestre qui explorerait une humanité névrosée ou un personnage de Vadim qui se serait trompé de film.
Ce contraste va avec le malaise.
J’ai aussi comparé en voyant le film, Géraldine Chaplin de « Anna » et Monica Bellucci du film « Malena » : égalité pour le charme.
Par contre avantage Carlos Saura, pour décrire l’emprise d’une communauté sur une femme trop belle et pour l’épaisseur des personnages …
"Pepermint twist" m’avait donné l’envie de voir un autre Carlos Saura. Pas sûr qu’Anna et les loups, donne une envie similaire. Le réalisateur a poussé un peu trop loin pour moi la misanthropie.