Cette gracieuse comédie musicale, plus proche de l'univers de Disney que de celui de Vincente Minnelli, a le bon goût, bien qu'abordant le thème de l'enfance malheureuse, de ne jamais se compromettre dans le mélo ou la guimauve.
L'histoire de cette orpheline, Annie, recueillie temporairement, et pour de basses raisons, par un milliardaire avide et arrogant, n'est certes pas spécialement originale mais séduit par son dynamisme et sa beauté formelle. Les décors et les costumes, et de façon générale la mise en scène de John Huston, qu'on n'attendait pas forcément dans ce registre, sont en effet très élégants. Quelques chansons (dans une version française d'assez bonne qualité) et de trop rares pas de danse participent des séquences enchanteresses du conte.
La petite comédienne Aileen Quinn, par sa rieuse et rousse physionomie, rappellera tout autant Shirley Temple que les moues charmantes de Shirley MacLaine. La gamine compose avec Albert Finney un amusant et disparate attelage, et sa frimousse bouclée fait d'Annie un personnage singulier et mémorable.