Un comique new-yorkais mal dans sa peau évoque la relation qu'il a eu avec une femme quelque peu excentrique. "Annie Hall" marqua un tournant dans la carrière de Woody Allen : outre son succès public et critique, le film lança le genre de la comédie romantique post-moderne, où les réflexions philosophiques et détachées importent plus que l'intrigue amoureuse.
Ainsi, l'acteur-réalisateur, avec son humour cynique et pince sans rire, parle de sexe, de psychanalyse, de souvenirs d'enfance déformés, du milieu artistique new-yorkais ou californien, le tout dans une narration déstructurée qui n'est pas sans rappeler Fellini (dont il est fait directement mention dans les dialogues !). Par ailleurs, l’œuvre propose de nombreuses inventivités sur la mise en scène, telles que le montage abrupt, le sous-titrage des pensées réelles des personnages, ou le split screen, qui forment une composition très originale à l'époque. Le tandem Woody Allen / Diane Keaton, bien qu'improbable, fonctionne sans mal à l'écran, et l'on repère également quelques petites apparitions sympathiques (Christopher Walken, Jeff Goldblum...). Au final, "Annie Hall" est une comédie dramatique importante pour le cinéma des 70's, et qui reste très plaisante à voir aujourd'hui.