Dans cette comédie de moeurs, Woody Allen analyse le couple que son personnage Alvy forme avec Annie (Diane Keaton), qu'il dissèque intellectuellement sans que jamais le film prenne l'apparence du pensum. Car le cinéaste sait mieux que personne exprimer ses angoisses et ses questionnements avec le détachement de l'humour. Ce narcissique pratique l'autodérision et n'hésite pas à faire porter à son personnage les ridicules de son propre désarroi. On s'amuse beaucoup des bons mots et de l'esprit d'Allen, de son personnage geignard et chétif intellectualisant chaque désir et chaque frustration jusqu'à l'absurde. En cela, et ce n'est pas nouveau, il est son propre analyste.
Malgré la forme ludique du propos, son contenu est d'une rare intelligence et peut ramener chacun d'entre nous à ses doutes ou questions existentiels personnels. Devant la mort, devant la sexualité, devant le sens de la vie en général. Plus particulièrement, Woody Allen apparait dans la comédie constamment décontenancé par les problèmes du couple et les fluctuations du sentiment amoureux. Ses railleries, et notamment sur ses origines juives, ne le font jamais dévier du sens profond de sa réflexion.