Certains films sont des évidences. Enora l'illustre parfaitement. Comme pour un fait divers qui rend compte de l'état d'une société à un moment M. Du drame, du burlesque, du suspens… toute la palette de l'entertainment mené par une histoire rocambolesque mais légère, même dans les pires moments. Il suffit d'entendre les mouvements de la salle : rires ou silence de mort avec des spectateurs en apnée dont aucun ne se racle la gorge. Un film d'atmosphère : on y est sensible ou pas, porté par une mise en scène fluide et habile. Du déchainement de décibels et de mouvements dans le clubs et fêtes, à la solitude d'une villa hors-norme ou d'une quête nocturne dans les rues de New-York. Certes, les dialogues sont limités et les personnages peu fouillés, voire stéréotypés. Mais le film raconte une histoire, une tranche de vies qui se croisent l'espace d'une grosse semaine. C'est comme lire une nouvelle : en quelques pages on s'attache, on est embringué. Et on en sort pleins de ces sentiments projetés qui nous ont éclaboussés, façon Pollock.