"Indissociable de l’histoire humaine, le deuil fait également partie intégrante de toutes les cultures. Piero Messina choisit d’en étudier la résolution dans le monde « futuriste » d’Another End, où des implants mémoriels constitueraient l’élément principal de la thérapie. L’idée est aussi séduisante que son casting, notamment avec une Renate Reinsve magnétique, mais le bât blesse lorsque la narration s’étire et se perd dans la seconde moitié mélodramatique. Il ne reste qu’un socle de réflexion philosophique comme stimulant dans une histoire d’amour fiévreuse."
Jean Cocteau disait que le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants. Cela ne suffit malheureusement pas à Sal lorsque son deuil devient trop difficile à encaisser. Le décès de Zoé laisse Sal (Gael García Bernal) dans une dépression si profonde que sa sœur, Ebe (Bérénice Bejo), lui propose de revivre une dernière journée avec elle. La conscience de toute personne est dorénavant téléchargeable chez un hôte bien vivant, mais temporairement. La scène d’ouverture nous expose le concept de manière clinique et avec beaucoup d’intensité. Si le procédé devrait aider les patients à se préparer pour de bon à la séparation, à tourner la page, d’autres comme Sal ne peuvent se résoudre à se défaire de leur remord. Réticent à l’idée de croiser le fantôme de sa compagne, il se donne tout de même une chance de rebondir. Toute une armada de blouses blanches vient à sa rencontre pour ausculter sa vie personnelle laissée en suspens, puis sa Zoé réapparaît soudainement dans le corps de Renate Reinsve.
"Sans faux pas esthétique, dans une teinte bleuâtre et propice à la mélancolie, Another End souffre cependant de la complexité de son scénario, en condensant trop de sous-intrigues superflues. Ce qui écrase le développement des personnages, quand il n’est pas laissé au placard. De même, il est évident qu’il aura un impact considérable en fonction de la sensibilité de chacun, car l’atmosphère du film reste aussi froide, et à raison, que dans La Chambre d’à côté. On en reste sur notre faim, avec des éléments scientifiques dissimulés sous le tapis et un sentiment d’inachevé aux belles prémices sur ce qu’on laisse aux vivants après la mort."
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