7
le 6 sept. 2023
SuivreLa morale et la nécessité
Tout dans Anti-Squat semble évoquer une dystopie, à commencer par la froideur de ses espaces d'habitation occupés par des "résidents" et non des locataires, soumis à nombre de règles strictes. De...
Ce n’est pas la 1ère fois que le problème du logement est abordé au cinéma [« Il legionario » (2021) de Hleb Papou, où un policier noir doit évacuer un immeuble squatté où vit sa mère et son frère, et « En los márgenes » (« A contretemps ») (2022) de Juan Diego Botto, sur l’expulsion de 3 familles, pour les plus récents] mais Nicolas Silhol réalise un film, façon Ken Loach à la française, en plus glaçant, sur la difficulté à se loger. Le point de départ est l’article 29 de la loi ELAN (loi pour l’Evolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique) n°2018-1021 du 23 novembre 2018, publiée au J.O.R.F. du 24 novembre 2018 et permettant, à titre expérimental, aux propriétaires de confier leurs biens vacants à des organismes afin d’y loger des résidents temporaires : ici, il s’agit de la société privée Anti-Squat, dirigée par un frère et une sœur, où les résidents (et non des locataires), en contrepartie de 200 € par mois, doivent accepter de très nombreuses contraintes. Le réalisateur qui s’était intéressé dans son 1er film, « Corporate » (2017) au management brutal des grandes entreprises, continue sa lecture « marxiste » des rapports socio-économiques en montrant l’adaptation des propriétaires immobiliers qui font appel, via des entreprises comme Anti-Squat (moins chère que les sociétés de surveillance), à un lumpenprolétariat (prolétariat en haillons ou sous-prolétariat pour les francophones). Les dés sont pipés dès le départ avec un contrat léonin (pas d’enfants, pas d’animaux, pas de fêtes, pas plus de 2 invités, pas d’absence supérieure à 2 jours) au détriment des résidents qui n’ont pas le choix et qui s’adaptent faute de mieux, contrat que personne, finalement, ne respecte car tout le monde ment, chacun luttant pour sa survie (résidents) ou son intérêt financier (Anti-Squat, pour qui tout se règle avec de l’argent. Belle illustration du dialogue, « Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raison » dans « La règle du jeu » (1939) de Jean Renoir (1894-1979). Inès (Louis BOURGOIN), ancienne agent immobilier au chômage, menacée d’expulsion et vivant seule (depuis sa naissance) avec son fils Adam de 14 ans, est le personnage le plus emblématique, avec son rôle de « kapo » (« resident manager » en novlangue chez Anti-Squat), ayant les mêmes contraintes que les résidents, simple rouage et courroie de transmission d’une machine (elle reproduit ce qu’elle a subi, donnant au système un fonctionnement de pyramide de Ponzi, habituelle des montages financiers frauduleux) qui va la broyer finalement, en perdant l’estime de son fils, collégien rappeur idéaliste.
Créée
le 28 sept. 2023
Critique lue 58 fois
7
le 6 sept. 2023
SuivreTout dans Anti-Squat semble évoquer une dystopie, à commencer par la froideur de ses espaces d'habitation occupés par des "résidents" et non des locataires, soumis à nombre de règles strictes. De...
6
le 31 août 2023
SuivreCritique sans spoiler Vu en avant-première en n'ayant connaissance que de son titre, le nom du réal. et l'actrice principale, Louise-pas assez employée-Bourgoin, Anti-Squat est le deuxième film de...
6
le 29 sept. 2023
SuivreLes hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, mais il vaut mieux être propriétaire. Depuis la loi Elan de 2018, il est possible de confier sa propriété vacante à un organisme, privé ou...
5
le 5 janv. 2024
SuivreLe sujet, grave et douloureux, de la pédophilie et de la pédopornographie, est saboté par un montage confus, surtout au début, un scénario mal construit qui ne développe pas assez le personnage...
4
le 9 déc. 2025
SuivreVoilà un sujet en or (l’appropriation des terres des Amérindiens par les colons espagnols et leurs descendants en Argentine) qui a été saboté par la réalisatrice dont le film, brouillon, confus, et...
5
le 7 déc. 2023
SuivreDès les premières images, j’ai senti que le film ne me plairait pas : en hiver, longs plans fixes sur la cime des arbres, sur un bucheron tronçonnant des arbres, fendant les buches à la hache, les...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème