Ryan Ermacora & Jessica Johnson nous entraîne au cœur d’une histoire tumultueuse, entre passé et présent. Au début du siècle dernier, en 1914 voyait le jour une cité minière dans la ville d’Anyox en Colombie-Britannique. Une mine de cuivre sur un territoire colonisé, exploité, puis abandonné.
La cité ouvrière était gigantesque, c’était une ville dans la ville. Les ouvriers n’avaient pas besoin de quitter l’usine pour se divertir ou subvenir à leurs besoins. La cité était devenue le lieu de vie et de travail à la fois, jusqu’à ce que l’industrie ne périclite.
Aujourd’hui, ne subsiste qu’un territoire infertile, les sols sont tellement pollués que cela impacte même la croissance des arbres. Les surfaces sont recouvertes de scories (résidus provenant de la fusion de minerais et de la combustion) donnant l’impressionnant d’évoluer au beau milieu de dunes noires.
Mais Anyox n’est pas seulement une ancienne cité ouvrière aux paysages détruits et pollués, la ville cache aussi un lourd passé, comme en atteste les innombrables microfilms que les réalisateurs sont allés déterrer. Les ouvriers ont fait entendre leur colère face à leurs employeurs pour contester les trop nombreuses baisses successives de salaire dont ils étaient victime. La grève des mineurs était très mal vu aussi bien de la part des dirigeants que de la classe politique. Ces derniers n’ont pas lésiné à répondre par la force pour contraindre les mineurs à cesser la grève. Pour menacer hommes, femmes et enfants, ils ont été jusqu’à dépêcher sur place des centaines d’hommes (policiers & militaires) ainsi que des navires de guerres ! Le conflit social s’est envenimé et fut sévèrement réprimé, conduisant à des arrestations et à l’expulsion de nombreux travailleurs étrangers.
Anyox (2022) raconte tout cela à la fois, le passé minier de la ville, le conflit social et la pollution des sols qui gangrène tout un territoire. Le film est riche en images d’archives, tournées en 35mm lorsque la cité minière était encore en activité. Aujourd’hui, ne subsiste que des ruines dans des champs de scories, magnifiquement retranscrit en 65mm.
● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●