Cinq mois après une tragédie qu'elle a quand même bien cherché, une amatrice de sports extrêmes part ruminer sa culpabilité au sein d'un trek en solo dans la nature sauvage australienne. Là-bas, quelqu'un la prend pour cible...
Le touche-à-tout islandais Baltasar Kormákur débarque sur Netflix avec un combo de pur survival (qu'il a déjà exploré en mode animalier avec "Beast") et d'aventure à haut risque (il nous avait fait grimpé en haut de "Everest") pour un jeu du chat et de la souris entre Charlize Theron et Taron Egerton certes assez sommaire dans ses intentions mais indéniablement efficace dans ses temps forts, notamment sa partie centrale haletante.
En effet, si la première demi-heure se résume en une accumulation de clichés chargée de poser le trauma paresseux de son héroïne (ses réminiscences et son inévitable catharsis seront malheureusement toujours vecteurs de soupirs tout au long du film même si Theron parvient à en faire émaner quelques étincelles sur la fin) et de futiles faux-semblants sur d'où va réellement venir la menace (à moins d'arriver sur "Apex" sans aucune information à son sujet et/ou n'avoir vu aucun film de ce genre, il est bien difficile d'être terrassé de surprise par sa révélation en dépit de l'exécution correcte pour y mener), "Apex" passe clairement la seconde avec l'ouverture de sa traque en tirant profit de son excellent duel d'acteurs aux talents respectifs confirmés, Taron Egerton est particulièrement inquiétant entre ses facettes oscillantes d'homme affable et de "monstre" (une sorte d'extrapolation plus bestiale de son rôle dans la série "Smoke" en quelque sorte), et la variété de son cadre australien décidément à part pour séduire les yeux à travers une caméra ou encore offrir de facto dans ce contexte un lot de péripéties, poursuites et affrontements sous des perspectives bien plus attrayantes qu'ailleurs (dommage que des fonds verts trop voyants, même hors escalade, viennent ternir le film sur ce point... bon, on a vu bien pire cela dit).
Bref, emballé par un bon faiseur capable d'être à la hauteur du meilleur de ce que son récit a à délivrer comme moments accrocheurs et en compagnie de deux comédiens investis, "Apex" fait plutôt bien le job en sa catégorie de petit survival honnête. Certes, le résultat n'est pas assez original pour être indispensable -un sentiment hélas attaché à de nombreuses productions Netflix engoncées dans trop d'inspirations de modèles du genre passées avant elles- mais celui-ci sera tout de même parvenu à nous mettre momentanément sous tension au cœur d'une forêt australienne où le moindre croassement devient synonyme de danger mortel. Pas si mal au bout du compte.