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Ce serait presque faire offense au cinéma que de qualifier Apex de Balthazar Komakur. Le film n’aspire d’ailleurs jamais à ce statut : il se présente pour ce qu’il est, un produit calibré. Pas désagréable, mais résolument formaté. Un long-métrage pensé pour les plateformes, conçu pour maintenir l’attention du spectateur sans jamais lui laisser une seconde de répit — ni, au fond, de réflexion. On pourrait parler d’un téléfilm de luxe, où les moyens dépassent légèrement l’ambition.
Le point de départ évoque clairement Les Chasses du comte Zaroff : une traque en milieu hostile, une héroïne marquée par un traumatisme, et un dispositif de survie qui promet tension et jeu du chat et de la souris. Mais très vite, le film bifurque vers une mécanique plus convenue, notamment avec l’introduction d’un duo contraint — enchaîné — qui déplace le récit sans réellement le renouveler.
Le scénario, minimaliste, aurait pourtant pu servir de socle à un solide film de genre. Encore aurait-il fallu une mise en scène capable d’en exploiter les possibilités. À défaut, Apex aligne des effets numériques souvent approximatifs, parfois franchement disgracieux, qui trahissent l’artificialité de l’ensemble.
Reste l’engagement des acteurs, indéniable, même si l’on remarque rapidement que Charlize Theron laisse fréquemment place à sa doublure dans les scènes d’action — au point que l’illusion finit par se fissurer. La bande-son, quant à elle, ne laisse aucun espace au silence : omniprésente, elle souligne lourdement chaque moment, comme pour compenser un manque de tension dramatique.
Car c’est bien là que le bât blesse : malgré un format resserré de 90 minutes, le film donne paradoxalement une impression de longueur. La faute à une absence criante de surprise, et surtout à ce qui constitue pourtant le moteur du genre — le suspense. Celui-ci ne prend jamais vraiment, laissant le spectateur dans une attente qui ne sera, au final, jamais comblée.