Au début du XXIIème siècle, la Terre est ravagée par la troisième guerre mondiale. Deunan Knute, combattante d’élite et survivante, est rapatriée dans la nouvelle ville d’Olympus. Là, elle découvre la paix ainsi que la technologie ahurissante des bioroïdes. Mais surtout, elle retrouve son ancien camarade et amant Briareos censé être mort au combat. Il vit toujours, mais il est définitivement enfermé dans un corps entièrement cybernétique.
Shinji Aramaki est un vieux routard de l’animation japonaise amateur de science-fiction et plus particulièrement de cyberpunk. Il réalise ici son premier film d’animation en images de synthèse.
Tout d’abord et malgré l’âge du film, les graphismes sont excellents. Le rendu cartoon des images de synthèses offre une ambiance de dessin animé traditionnel d’une magnifique qualité graphique. Les mouvements sont parfaits, car ils proviennent de motion captures. Du coup, le résultat est franchement bon, d’autant plus que le film utilise avec brio force flous de perspective et ouatages d’image afin de recentrer l’attention du spectateur, donner de la profondeur ou installer des ambiances. C’est un travail de virtuose.
L’histoire est caractéristique des œuvres cyberpunks japonaises. Dans la droite ligne de Ghost in the Shell, le scénario est caché sous différentes couches de complexité qui nécessitent plusieurs visionnages pour les décortiquer. Voici la version courte :
Les 7 Anciens jugent l’Humanité inapte à vivre sur Terre et préfèrent laisser la planète aux bioroïdes plus pacifiques, car moins soumis à leurs émotions. Avant de faire disparaître les hommes, les Anciens ont besoin de rendre les bioroïdes fertiles ; or seule Deunan, la fille de leur créatrice, possède la clé qui déclenchera ce processus. Ils montent donc un stratagème pour attirer Deunan à Olympus en utilisant son ancien amant Briareos, puis ils laissent le général Uranus détruire la fabrique de bioroïdes pour justifier leur modification et ainsi réaliser leur plan.
Le scénario est dynamique avec beaucoup d’action, mais également de l’enquête et du drame. Par ailleurs, la romance est extrêmement délicate, tout en timidité et en non-dit, avec l’absence de contact physique comme barrière (Briareos est entièrement cybernétisé).
Appelseed est un très bon film cyberpunk dans la veine de Ghost in the Shell. S’il n’égale pas ce chef-d’œuvre, il se démarque tout de même par un impressionnant effort graphique et une histoire très bien construite. Il marque également le début de la carrière de Shinji Aramaki en tant que réalisateur (malgré ses quelques productions depuis la fin des années 80) qui donnera par la suite deux autres films sur Appleseed, deux sur Starship troopers et d’autres encore. À consommer sans modération.